Un institut dédié à la culture BASQUE aux confins de l’ISLANDE
À Djúpavík, coin reculé de la région des Westfjords, un pan entier de l’histoire basque refait surface là où personne ne l’attendait. Dans ce hameau islandais où résident 2 habitants à l’année, une ancienne usine de hareng a retrouvé vie : elle abrite désormais « Baskasetur », le Centre culturel basque d’Islande, inauguré samedi 20 septembre 2025. La cérémonie, organisée dans l’immense halle industrielle, a réuni l’ancien Président islandais Guðni Thorlacius Jóhannesson, l’ambassadeur de France Guillaume Bazard, une représentante de l’ambassade d’Espagne, ainsi que les artisans du projet : l’Association basque islandaise, Albaola, Haizebegi et l’Université des Westfjords.
Ce nouveau lieu de mémoire s’enracine dans un épisode sombre : en 1615, après un naufrage, 31 baleiniers basques furent massacrés dans la région de Strandir. Ólafur Jóhann Engilbertsson, bibliothécaire originaire du secteur, a ravivé cette histoire et obtenu l’abolition d’un ancien décret autorisant les Islandais à tuer les Basques, avant de lancer le projet d’un centre culturel dans l’usine désaffectée.
Financé à hauteur de 350.000 euros par le programme Europe créative, Baskasetur s’est installé dans trois silos réhabilités. Le premier accueille un Musée de la pêche basque, avec une txalupa construite par Albaola. Le second est un espace d’interprétation culturelle animé par Haizebegi. Le troisième abrite un Centre d’art contemporain.
Cette histoire ne s’arrête pas là puisque des fouilles archéologiques sont en cours sur les sites des naufrages de 1615, tandis que des linguistes étudient des glossaires basco-islandais retrouvés à Harvard.
