Vie locale

Qui sont-ils ?

Épisode 19, le dernier de l’année, sur les personnages historiques qui ont donné leur nom à une avenue, une rue, ou un lieu de notre territoire. Des noms devenus familiers au fil du temps, mais dont nous ignorons tout ou presque. Partons à la découverte de ces hommes au parcours souvent hors du commun.

Édouard Ducéré

Une rue à Bayonne porte son nom, reliant la rue Bernède et la rue Lormand. Né à Bayonne, rue Port Neuf, le 22 juillet 1849, Étienne-Édouard Ducéré s’est imposé comme l’un des grands historiens de la cité entre Nive et Adour. Fils d’horloger, il apprend d’abord le métier auprès de son père avant de se passionner pour les langues - arabe, hébreu, basque - et l’histoire locale. Après un bref passage au service de l’Armée au Havre en 1870, il revient s’installer définitivement sur sa terre natale. Son engagement intellectuel se concrétise en 1879 lorsqu’il rejoint la Société des Sciences et Arts de Bayonne, dont il devient secrétaire l’année suivante. Parallèlement, il entame une carrière à la bibliothèque municipale, d’abord comme adjoint, puis comme bibliothécaire en chef en 1908.

Auteur prolifique et reconnu, Édouard Ducéré publie de nombreux articles et ouvrages consacrés à l’histoire bayonnaise. Son œuvre majeure, Histoire toponymique et anecdotique des rues de Bayonne, en six volumes, demeure une référence. Il s’intéresse également aux manuscrits anciens, comme en témoignent la réécriture et la publication du Journal de bord d’un flibustier.

Il meurt à Bayonne le 13 août 1910, léguant une œuvre essentielle à la mémoire locale. 

Pierre Broussain

Une rue à Hasparren lui rend hommage. Né le 5 août 1859 à Hasparren, Pierre Broussain, connu sous le nom de Piarres Martin Broussain Salagoiti, est un médecin, homme politique et intellectuel basque engagé. Issu d’une famille aisée, il mène de front des études de médecine à Paris et une passion profonde pour la langue basque, qu’il étudie à travers de nombreux auteurs et travaux linguistiques. 

Docteur en médecine à partir de 1899, il revient exercer au Pays Basque où il soigne près de 300 familles, refusant toute carrière éloignée de ses patients. Parallèlement, il s’implique activement dans la vie culturelle basque et entretient une relation intellectuelle et amicale déterminante avec l’Abbé Resurrección María de Azkue. Élu Maire d’Hasparren en 1905, fonction qu’il occupe pendant 14 ans, il est également Conseiller général et membre fondateur de l’Académie de la langue basque (Euskaltzaindia). Nationaliste basque convaincu, il milite pour l’unification de l’euskara à travers un « dialecte fondamental », estimant cette réforme essentielle à la survie de la langue.

Décédé subitement le 27 avril 1920 à Orthez, Pierre Broussain laisse l’image d’un homme discret, profondément attaché à son peuple, à sa langue et à son avenir.

Isidore Salles

Une rue à Anglet et plusieurs lieux dans les Landes sont baptisés de son nom. Né le 13 février 1821 à Sainte-Marie-de-Gosse et mort à Paris en 1900, Isidore Salles est une personnalité marquante du XIXe siècle, à la croisée des lettres, de l’administration et de la finance. Fils d’un chirurgien et maire de son village natal, il suit ses études à Aire-sur-l’Adour avant d’entamer une carrière précoce dans la presse. Arrivé à Paris à seulement dix-neuf ans, il s’impose comme journaliste et homme de lettres, fréquentant les grands noms de son temps tels que Victor Hugo, Théophile Gautier et surtout Alphonse de Lamartine, dont il devient le secrétaire.

Rapidement, il entre dans l’administration et gravit les échelons jusqu’aux plus hautes fonctions préfectorales, exerçant notamment dans la Creuse, les Pyrénées-Orientales, l’Aube et le Haut-Rhin. Après 1870, le Landais se tourne vers le monde financier, occupant des postes clés à la Banque de Paris et des Pays-Bas et dans les chemins de fer. Attaché à ses racines, il consacre une part de son œuvre littéraire au pays de Gosse.

Élevé au rang de Comte par le Pape Léon XIII en 1888, Isidore Salles laisse l’image d’un homme aux multiples talents, fidèle à ses origines.

Général Sauvagnac 

Une rue à Anglet célèbre son nom. Né à Grenoble le 9 janvier 1905, Henri Sauvagnac s’impose comme l’une des grandes figures du parachutisme militaire français. Officier issu de l’École spéciale militaire de Saint-Cyr, promotion du Rif (1924-1926), il consacre sa carrière à l’essor des troupes aéroportées. Le 1er janvier 1938, il reçoit le tout premier brevet de parachutisme militaire délivré en France. Quelques mois plus tôt, le 1er octobre 1937, il établit un record de chute libre avec 74 secondes, symbole de son esprit novateur et de son engagement dans cette nouvelle arme. De 1937 à 1943, il commande successivement plusieurs unités d’infanterie de l’air, avant de prendre la tête du 1er régiment de chasseurs parachutiste, le plus ancien régiment parachutiste français. Durant la Seconde Guerre mondiale, il participe aux combats en Italie et à la libération de la France. Après-guerre, il s’illustre en Indochine, où il commande la demi-brigade de marche parachutiste puis, lors d’un second séjour, l’ensemble des troupes aéroportées. De 1956 à 1958, il dirige la 25e division parachutiste en Algérie. Général de division, Henri Sauvagnac meurt à Anglet le 6 mai 1982.

Grand officier de la Légion d’honneur, cité douze fois au feu, il demeure une figure majeure de l’histoire militaire française. 