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Vie locale

Les TOURBIÈRES, alliées méconnues contre le CHANGEMENT CLIMATIQUE

© bart47 - stock.adobe.com

Avec leurs sols spongieux et gorgés d’eau, les tourbières sont souvent perçues comme des espaces peu attractifs. Pourtant, ces zones humides figurent parmi les réservoirs de carbone les plus efficaces de la planète. Dans les Pyrénées, les chercheurs de l’IPREM* étudient leur évolution dans le cadre du projet européen Life Pyrenees4Clima, afin de mieux comprendre les effets du changement climatique sur ces milieux fragiles.

Parmi les sites suivis figure la tourbière de l’Auga, à Louvie-Juzon en Vallée d’Ossau, intégrée au réseau des « tourbières sentinelles » du projet. Les équipes scientifiques y mesurent notamment la température, le niveau d’eau, le pH ou encore la composition des populations végétales et microbiennes, afin d’identifier les marqueurs des évolutions climatiques. « Les tourbières stockent environ 30 % du carbone terrestre alors qu’elles ne représentent qu’environ 3 % des surfaces émergées », souligne Béatrice Lauga, chercheuse à l’IPREM. Leur fonctionnement repose sur leur saturation en eau, qui ralentit la décomposition de la matière organique et permet de conserver le carbone dans la tourbe. À l’inverse, un assèchement du milieu peut entraîner son relargage sous forme de CO₂. Véritables « éponges naturelles », les tourbières contribuent également à réguler le cycle de l’eau en stockant les précipitations avant de les restituer progressivement. Leur préservation constitue donc un enjeu majeur. Les chercheurs réalisent aujourd’hui un vaste inventaire national afin de déterminer si ces écosystèmes continuent à jouer leur rôle de puits de carbone. 

IPREM* : unité mixte de recherche du Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) et de l’Université de Pau et des Pays de l’Adour (UPPA).