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Économie Vie locale

TENDANCES ÉCONOMIQUES en Nouvelle-Aquitaine - Juillet 2026

© industrieblick - stock.adobe.com

En juillet, les effets conjugués de la canicule et des incendies pénalisent l’économie régionale qui se montre moins bien orientée qu’au niveau national.

Ainsi, si l’activité industrielle néo-aquitaine bénéficie de la dynamique de l’aéronautique, de la défense, du spatial et de l’électronique, la production recule sur plusieurs sites exposés aux conséquences des incendies ainsi qu’aux fortes chaleurs. Les tensions d’approvisionnement perdurent sur plusieurs filières et la hausse des prix des matières premières se poursuit.

Les services marchands évoluent dans un environnement exceptionnellement perturbé. La canicule continue d’affecter les comportements de consommation et l’organisation du travail, tandis que les incendies modifient les livraisons et les flux touristiques, contraignent l’accès aux plateformes logistiques et réduisent le recours à l’intérim. Aussi, l’activité s’inscrit globalement en repli.

Dans le bâtiment, les très hautes températures pèsent sur l’activité qui est en repli : la baisse de productivité et les reports de chantiers touchent tous les corps de métier. En outre, la demande reste hésitante et le renouvellement des carnets est difficile. La concurrence sur les prix demeure extrêmement forte, particulièrement dans le gros œuvre.

En août, malgré une période traditionnellement marquée par les congés annuels, les chefs d’entreprise anticipent une progression de l’activité plus soutenue qu’à l’accoutumée dans les trois secteurs de l’industrie, des services et du bâtiment.

Industrie

En juillet, les effets combinés de la canicule et des incendies se révèlent plus marqués en Nouvelle-Aquitaine qu’au niveau national. Les entreprises évacuées durant le « mégafeu » en Gironde et dans les Landes génèrent des pertes de production dans tous les secteurs. Les fortes chaleurs provoquent des pannes sur les chaînes de fabrication, entrainent des baisses de rendement sur les cultures, une surmortalité dans les élevages. La demande tant en France qu’à l’export conserve cependant sa dynamique, aussi les carnets de commandes se rapprochent de leur niveau de longue période et les stocks de produits finis diminuent. Les difficultés d’approvisionnement sur certains intrants perdurent et alimentent les hausses des prix des matières premières.

Les industriels anticipaient une évolution plus favorable pour le mois prochain.

Industrie alimentaire

La production industrielle évolue de nouveau de manière contrastée en juillet et se contracte globalement. Les épisodes de canicule et les incendies pèsent sur la transformation, les rendements agricoles et la logistique. Plusieurs entreprises évoquent une baisse de la consommation sur les produits carnés et transformés. Par ailleurs, l’offre se révèle parfois réduite par une croissance animale plus lente voire par une surmortalité dans les élevages. À l’opposé les boissons rafraîchissantes, les glaces, certains produits laitiers bénéficient d’une hausse de la consommation en raison de conditions climatiques favorables.
Le niveau globalement élevé des stocks de produits finis masque des situations contrastées. Certaines entreprises, notamment dans les productions laitières et de glaces ne parviennent parfois pas à répondre à la demande. D’autres filières, notamment la fabrication de boissons alcooliques et certains produits de viande restent confrontées à des niveaux de stocks de produits finis élevés. Les carnets de commandes demeurent inférieurs à leur niveau de longue période.

Les professionnels envisageaient une très légère reprise le mois prochain.

Équipements électriques et électroniques

En juillet, la production et les livraisons enregistrent une légère contraction. L’activité demeure toutefois globalement soutenue, portée par la bonne dynamique des fabrications électroniques. Un repli est observé dans l’électrique ainsi que dans les machines & équipements. Le secteur reste confronté aux tensions d’approvisionnement en composants électriques, accentuées par la forte demande liée au développement de l’intelligence artificielle. Les prix des intrants poursuivent leur progression et ne sont, à ce stade, que partiellement répercutés sur les prix de vente.
Les entrées d’ordres continuent de progresser en juillet. Les carnets de commandes s’étoffent et offrent des perspectives plus favorables.
Le niveau des stocks de produits finis et semi-finis tend à se réduire progressivement tout en demeurant globalement en adéquation avec les besoins de la période.

La production devrait se redresser en août.

Matériels de transport

En juillet, la production comme les livraisons s’inscrivent en net recul. L’industrie automobile reste pénalisée par la faiblesse du marché européen des véhicules thermiques. Le ferroviaire voit son activité freinée par des retards d’approvisionnement chez les sous-traitants. Enfin, l’aéronautique pâtit des incendies survenus dans la région, qui ont perturbé l’activité de plusieurs établissements. Seule la construction des bateaux de plaisance voit sa production progresser. Les entrées d’ordres continuent de progresser en juillet, tant sur le marché domestique que sur les marchés à l’export. Les carnets de commandes se renforcent avec une orientation toujours plus favorable. Les stocks de produits finis et semi-finis continuent de refluer notamment pour sa composante aéronautique.

Globalement, en août, la production se stabiliserait.

Autres produits industriels

Industrie chimique — Produits en caoutchouc, plastique, verre, béton — Travail du bois — Métallurgie — Papier Carton.
La production des API marque le pas avec des évolutions contrastées selon les branches. Les épisodes de canicule, conjugués aux incendies subis dans la région en fin de période, affectent la productivité de certaines filières. Le segment du textile-chaussures, les autres produits et dans une moindre mesure la pharmacie parviennent à rehausser leur activité. L’activité recule plus significativement dans les secteurs du bois-papier-carton et la chimie. Les coûts des intrants enregistrent une nouvelle poussée inflationniste qui ne se diffuse que partiellement dans les prix de vente. Les marges se resserrent et les industriels évoquent des tensions de trésorerie, corollaires d’un allongement des délais clients.

Les entrées d’ordres globalement progressent, mais se révèlent décevantes sur certains marchés et les carnets de commandes ne parviennent pas à gagner en consistance. Ils sont particulièrement dégradés dans les segments du bois-papier-carton et des fabrications de matériaux, affectés notamment par le manque de dynamisme du bâtiment. Dans le même temps, les stocks de produits finis se rapprochent globalement des attentes des professionnels.

Les industriels anticipaient un rattrapage de la production dans les prochaines semaines.

Services marchands

Les prestations se révèlent marquées par les évènements climatiques dans les services à la personne et aux entreprises. Les incendies affectent particulièrement le transport entreposage confronté aux fermetures d’axes routiers, aux reports de livraisons et aux difficultés d’accès aux plateformes logistiques. Les incendies limitent également le recours à l’intérim avec des interruptions de mission sur les sites évacués. L’hébergement progresse, mais avec des situations contrastées en raison des flux touristiques entre zones sinistrées ou non de la région. La restauration pâtit de nouveau des fortes chaleurs. Les prestations informatiques et d’ingénierie confirment une baisse d’activité, conséquence de l’allongement des délais de décision des clients en raison de l’incertitude géopolitique. Les trésoreries demeurent fragiles. 

Pour août, les chefs d’entreprise anticipaient un léger redressement de l’activité.

Hébergement

De nombreux établissements enregistrent une augmentation d’activité et des taux d’occupation élevés. Toutefois, les hébergements situés hors zones évacuées en période d’incendie ont bénéficié de reports tandis que ceux implantés en Gironde ont subi des annulations massives.

Face à la canicule, les entreprises équipées en climatisation résistent mieux. Les effectifs progressent, mais des tensions perdurent sur certains postes. La tendance générale à la hausse des prix liée à la saison contribue à l’amélioration de l’équilibre des trésoreries.

Les perspectives apparaissent incertaines, notamment dans les zones touchées par les incendies.

Restauration

La plupart des restaurateurs soulignent les effets négatifs de la canicule sur la fréquentation et la consommation. Les incendies en Gironde et dans les Landes pénalisent également certains établissements, notamment à Bordeaux et sur une partie du littoral en réduisant les flux touristiques. La faiblesse de la demande et la concurrence limitent les possibilités de revalorisation des tarifs. Dans la restauration rapide, la consommation plus prudente des ménages pèse sur l’activité.

Les restaurateurs tablaient sur une reprise de la fréquentation en août.

Bâtiment

L’activité du bâtiment se replie dans l’ensemble des métiers. Les fortes chaleurs continuent de perturber les conditions de réalisation des chantiers et de limiter la productivité malgré les aménagements horaires mis en place. Le niveau des prises de commandes s’améliore quelque peu, mais les carnets, notamment dans la construction neuve, restent insuffisants. Les activités liées à la climatisation et aux pompes à chaleur bénéficient toutefois d’une dynamique portée par les épisodes caniculaires. Malgré quelques suppressions de postes dans les segments les plus fragilisés, l’emploi se maintient globalement. Pour août, les dirigeants restaient prudents et anticipaient une stabilité de la production en période habituelle de congés. 

Source : Banque de France — Extraits des Tendances Régionales — Région Nouvelle-Aquitaine. Enquête réalisée du mercredi 22 juillet 2026 au mercredi 05 août 2026 auprès d’environ 940 entreprises et établissements de la Région Nouvelle-Aquitaine.