La pierre de SARE, âme minérale du Pays Basque
La pierre parle. À Saint-Jean-de-Luz ou Guéthary, comme dans tout le Labourd, elle raconte l’histoire d’un territoire. Ses reliefs tout d’abord, ses carrières ensuite, ses mains, enfin, qui la taillent et l’assemblent harmonieusement. La « pierre de Sare » incarne bien plus qu’un matériau. Elle est le témoin silencieux d’une relation intime entre la nature, le savoir-faire et l’identité basque. Née de la montagne, façonnée par l’homme, elle a traversé les siècles pour devenir le socle visible d’un patrimoine bâti exceptionnel.
Le territoire du Pays Basque englobe des formations géologiques où affleurent des grès dits « de la Rhune ». Issus de bancs sédimentaires permien-triasiques ou du début du Mésozoïque (- 250 millions d’années), ils présentent des teintes allant du rose légèrement violacé au gris blanc, et s’étendent notamment sur les communes de Sare, Ascain et les Aldudes. L’exploitation de ces bancs a permis de donner une matière spécifique au bâti local, une identité géologique avant d’être architecturale.
L’art d’extraire la pierre
L’exploitation des carrières locales est une composante essentielle du façonnage du territoire basque, en particulier de son bâti. De tout temps, La Rhune est connue des professionnels du bâtiment pour sa production de grès. L’enjeu ici est donc double. D’un côté, valoriser la ressource géologique locale, de l’autre, assurer la pérennité d’une filière qui allie extraction, transformation et pose.
En 1781, une exploitation est déjà attestée à Ascain. Les Grandes Carrières de Grès de la Rhune, situées sur la même commune (Pyrénées-Atlantiques), ont débuté leur activité en 1959, avec l’extraction de « pierres ornementales et de construction ».
Comme dans de nombreuses carrières, l’approvisionnement local est soumis à des normes, à des contraintes environnementales et à des volumes limités, ce qui renforce l’idée que cette pierre est d’abord un matériau de terroir, et non une marchandise standardisée à grande échelle qu’il faudrait impérativement exporter.
Très concrètement, l’extraction se fait via une carrière à ciel ouvert. Un banc, c’est-à-dire une couche rocheuse horizontale, est choisi. Son accès est préparé et les couches de recouvrement sont retirées. Ensuite, les carriers détachent le bloc soit par sciage, soit par explosion contrôlée. Le front de taille est alors sécurisé et la chute amortie afin de ne pas endommager l’ensemble. À...
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