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Un bilan rassurant, Covid-19 un avenir moins confiant

Éric Spitz, Préfet des Pyrénées-Atlantiques

Éric Spitz, Préfet des Pyrénées-Atlantiques

À J-3 avant le déconfinement, le Préfet des Pyrénées-Atlantiques donnait une audio conférence de presse. L’occasion pour lui de faire un bilan complet en compagnie de la directrice départementale de l’ARS (Agence Régionale de Santé).

« L e virus ne circule quasiment plus sur notre département ». Ainsi commence le Préfet Éric Spitz, conforté par les chiffres énoncés par Madame Maritxu Blanzaco, directrice de l’antenne départementale de l’ARS.

Si le bilan humain s’élève à 25 décès dans les Pyrénées- Atlantiques, il n’y a plus de nouveaux cas et il ne reste que « trois personnes en réanimation, une à Bayonne et deux à Pau ». Une situation rassurante mais qui appelle d’autant plus de précautions. « La possibilité que la population ait peu été en contact avec le virus fait que la vigilance doit être forte » rappelle la directrice.

Un bilan sanitaire que le Préfet attribue au civisme de la population ainsi qu’au travail des forces de l’ordre. « Depuis le début du confinement, environ 300 000 personnes ont été contrôlées, seulement 4 % d’entre elles ont été verbalisées, ce résultat inférieur à la moyenne nationale prouve que nous étions plus civiques dans ce département ».

Une organisation sanitaire sur 3 niveaux

Pour ne pas baisser la garde, une nouvelle stratégie sanitaire est mise en place. Elle se résume par le triptyque Dépister – Tracer – Isoler.

Le premier maillon de la chaîne est le médecin généraliste. « C’est lui qui identifie le malade et, s’il le souhaite, il peut aller au-delà et appeler les cas contacts de cette personne » explique Madame Blanzaco.

Le deuxième niveau du dispositif est assuré par la CPAM dont une plateforme interrogera les personnes en contact si cela n’a pas été fait par le médecin traitant. « Elle rappellera les principes de base et, si ce niveau 2 ne suffit pas parce qu'il y a un début de cluster ou l’apparition d’une chaîne de contamination, nous passons au niveau 3 ».

Ce dernier est géré par l’ARS qui rappelle alors toutes les personnes pour endiguer l’épidémie.

« Cette organisation en trois niveau est faite pour dépister le plus de monde possible et le plus vite possible » rassure la directrice de l’ARS. Pour cela, l’ensemble du territoire est maillé avec un réseau de neuf laboratoires (publics et privés), épaulés par des équipes mobiles et la possible mise en place de « drive de dépistage » réservés aux personnes symptomatiques sur prescription médicale.

Concrètement, si une personne se sent malade, elle se fait prescrire un test et si celui-ci s’avère positif, elle a deux choix. Soit elle reste confinée à son domicile, soit, si le confinement en famille pose problème, elle est logée en hôtel. Dans ce but, 80 chambres sont prévues sur l’arrondissement de Pau, 80 sur celui de Bayonne et 40 sur celui d’Oloron.

La liberté d’aller et venir

Durant le confinement, le principe était simple : l’interdiction, assortie de quelques exceptions. Désormais, c’est l’inverse, « le principe, c’est la liberté d’aller et venir, l’exception c’est les restrictions » résume le Préfet. La limite des 100 km ne s’applique pas à l’intérieur des Pyrénées-Atlantiques. « Nous pourrons nous déplacer en tous points du département quelle que soit la distance kilométrique », assure Éric Spitz. Ce qui, selon lui, permet aux basques et aux béarnais de prévoir leurs réservations pour les vacances d’été, sur l’ensemble du territoire.

À l'heure où nous mettons sous presse, la question épineuse des plages n’est pas encore résolue. « La doctrine est la même que pour les marchés, le principe est l’interdiction mais chaque maire pourra déposer un dossier pour demander l’autorisation » explique le Préfet.

Une reprise dans certains secteurs

Si la vague de la pandémie n’a pas atteint les rives de l’Atlantique, les ondes de la crise économique sont bien là. « Nous avons eu 14 500 demandes de chômage partiel pour plus de 114 000 employés, ce qui concerne 64 % des salariés, cela montre l’ampleur du coup d’arrêt sur l’économie ». Mais les répercussions durables risquent de se produire dans les mois à venir. « Il est probable que nous ayons plus de conséquences sur le chômage dans un délai de 3 à 6 mois » redoute le Préfet. Cette crainte est alimentée par deux facteurs. Selon lui, beaucoup de commerces attendent de voir comment se déroulera la saison et pensent fermer et/ou licencier en septembre. Ensuite, le secteur aéronautique étant durement touché par la crise, Airbus a annoncé l’arrêt des commandes, ce qui va impacter les nombreux sous-traitants présents dans le département.

Fort heureusement, certains secteurs d’activités montrent des signes de reprise depuis deux semaines déjà, comme c’est le cas notamment dans le bâtiment. Et comme dit le dicton, quand le bâtiment va…