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Économie

RELOCALISER l’agriculture, un long chemin

Au pupitre Eric John, Président de Terre de Liens. De droite à gauche, Coline Sovran, Benjamin Malgras, Hélène Béchet, Sylvie Guillot, maraîchère et Conseillère municipale déléguée à la Transition écologique de Pussay (Essonne), Salma Loudiyi © AD

Les freins sont nombreux à une relocalisation de l’agriculture, selon Terre de Liens, association qui œuvre en ce sens. Néanmoins, des collectivités développent des projets, lesquels impliquent une articulation entre différents échelons, d’après une table ronde tenue sur le Salon de l’agriculture.

Moins de la moitié (43 %) des terres agricoles françaises vouées à l’export : estce réellement une bonne idée ? Le 25 février 2026, à Paris, lors du salon de l’agriculture, une table ronde était consacrée à « Quelles innovations et alliances pour agir depuis les territoires face aux verrous de la transition agricole et alimentaire » ? L’organisateur, l’association Terres de Liens, milite pour une agriculture écologique et de proximité en achetant des terres afin d’y permettre le déploiement de projets qui vont en ce sens. En France, 70 % des fermes fonctionnent aux antipodes de ce modèle, en « filière longue » (Agreste, recensement agricole 2020). Néanmoins « les acteurs locaux ont un pouvoir décisionnaire et opérationnel pour changer le système agricole marqué par la présence de l’agro-industrie », estime Hélène Béchet, Responsable des activités collectivités territoriales chez Terre de Liens. Les collectivités peuvent intervenir sur cette thématique agricole par différents biais : restauration collective, lutte contre le gaspillage alimentaire, écologie…

De fait, sur le territoire, « on observe des dynamiques dès le début des années 2000 », note Salma Loudiyi, chercheuse en géographie à VetAgro Sup. Et depuis 2014, un outil consacre et formalise cette démarche : le PAT, Projet Alimentaire Territorial, destiné à consolider les filières territorialisées et développer la consommation de produits issus de circuits courts, en particulier relevant de la production biologique, le tout dans une démarche citoyenne. Aujourd’hui, 450 d’entre eux ont été mis en place, mais les réalités sont très diverses. Selon les analyses de Terres de Liens, 73 % d’entre eux se focalisent sur le critère « local », 17 % seulement sur l’agriculture biologique. Quant à la participation citoyenne, elle demeure symbolique. Salma Loudiyi pointe deux « verrous » principaux qui limitent l’action des collectivités locales. Tout d’abord, « les approches systématiques sont assez coûteuses et les moyens sont faibles ».

Deuxième verrou : la forte réticence des écosystèmes agricoles locaux en place à ce type de projets avec l’omniprésence de la Fnsea, Fédération nationale des syndicats...

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