QUI sont-ils ? Épisode 29
Épisode 29. Poursuivons notre série consacrée aux noms des rues et des lieux de notre territoire. Derrière ces appellations familières, qui font partie de notre quotidien, se dessinent des parcours de vie remarquables, parfois méconnus. Partons à la découverte de ces hommes qui ont marqué l’histoire locale et contribué à façonner notre mémoire collective.
Paulus
Une impasse à Bayonne, près de la rue Daniel Argote, porte le nom du Chanteur. Né en 1845 à Saint-Esprit (aujourd’hui quartier Bayonnais et dépendant à l’époque des Landes), Jean- Paulin Habans, dit Paulus, a marqué l’histoire de la chanson française. Débutant dans les cafés-concerts parisiens en 1864, ce Bordelais d’adoption devient rapidement une vedette incontournable, jusqu’à percevoir 400 francs par représentation en 1888. Son plus grand succès reste En revenant de la revue, créé en 1886 à la Scala. Le 14 juillet, il remplace dans les paroles l’éloge des soldats français par celui du Général Boulanger. La salle s’enthousiasme : la chanson devient l’un des hymnes du boulangisme. Entrepreneur, Paulus fonde en 1887 La Revue des Concerts, puis reprend le Ba-Ta-Clan en 1892. Sous sa direction, la salle parisienne retrouve son éclat. À partir de 1889, le chanteur se produit également dans les grandes capitales européennes, en Russie et à New York. Après ses adieux à la scène en décembre 1906, Paulus livre ses souvenirs au chansonnier Octave Pradels. Il meurt à Saint-Mandé (Val de Marne) le 1er juin 1908. Selon la légende, il aurait créé quelque 2 500 chansons en trente ans de carrière.
Guillaume Dauture
Une rue à Pau rend hommage au militaire. Né en 1770 à Pontacq, Guilhem d’Auture, plus couramment appelé Guillaume Dauture, s’illustre au cours des guerres révolutionnaires et napoléoniennes par son courage et ses nombreux faits d’armes. Engagé en 1791 comme sergent-major dans un bataillon de volontaires des Basses-Pyrénées, il gravit rapidement les échelons militaires. Des Pyrénées orientales à l’Italie, où il combat notamment à Arcole et à Marengo, il se distingue à plusieurs reprises, malgré de nombreuses blessures. Sa carrière se poursuit en Espagne et au Portugal, où il participe à la bataille de Porto en 1809. Nommé Colonel en 1810, décoré de la Légion d’honneur et fait Baron de l’Empire, il accède au grade de Général de brigade en 1813. L’année suivante, il prend part aux combats d’Orthez et de Toulouse, dans une campagne marquée par le recul des armées impériales. Après la chute de Napoléon, il connaît une fin de carrière plus discrète, entre mises en disponibilité et retour temporaire au service lors des Cent-Jours. Guillaume Dauture meurt à Pau en 1820, à l’âge de 49 ans. Son parcours demeure celui d’un officier gascon dont la bravoure sur les champs de bataille a marqué l’épopée napoléonienne.
Philippe Veyrin
Des rues à Bayonne, Biarritz et Saint Jean de Luz célèbrent l’artiste. Né à Lyon en 1900, Philippe Veyrin a profondément marqué la connaissance de l’histoire et de la culture basques. Peintre, historien et bascologue, il a consacré sa vie à l’étude et à la valorisation du patrimoine du Pays Basque. Élevé à Saint- Jean-de-Luz dès l’âge de deux ans après la mort de sa mère, il s’attache très tôt à cette terre et à ses traditions. En 1922, il fonde, avec le peintre Ramiro Arrue et le Commandant Boissel, le Musée Basque et de l’Histoire de Bayonne, institution majeure de la mémoire régionale. Artiste reconnu dans les années 1920, il expose notamment à Paris, où l’État acquiert l’une de ses toiles, La Nive à Saint-Étienne-de-Baïgorry. Mais c’est également par ses recherches historiques qu’il laisse une empreinte durable. Publié en 1942, son ouvrage Les Basques constitue une référence dans l’historiographie du territoire. Récompensé par le prix Hercule-Catenacci de l’Académie française en 1949, Philippe Veyrin demeure une figure essentielle de la sauvegarde et de la transmission de la culture basque.
Claudius Magnin
Un rond-point au Boucau, à proximité de l’Adour, perpétue la mémoire de l’industriel. Né à Voiron (Isère) en 1840, Claudius Magnin semble peu destiné à une carrière exceptionnelle. Entré à l’École des mineurs de Saint-Étienne (Loire) en 1859, il doit interrompre ses études pour raisons de santé. Ses professeurs le décrivent alors comme un élève très timide, à l’intelligence ordinaire. Pourtant, son parcours dément ces premières impressions. Ingénieur métallurgiste, il rejoint en 1873 la Compagnie des Hauts-Fourneaux, Forges et Aciéries de la Marine. Il dirige notamment les hauts-fourneaux de Givors (Rhône), avant de prendre en main la création des Forges de l’Adour au Boucau. Inaugurée en 1884, cette usine moderne devient un important centre de production d’acier et de fonte, recevant par la mer les charbons anglais et les minerais espagnols. Et au-delà, un véritable village industriel qui abrite jusqu’à 1 500 ouvriers. Ses compétences et son engagement lui valent plusieurs distinctions, dont la Légion d’honneur. Décédé en 1916, Claudius Magnin s’impose comme une figure majeure de la métallurgie française.
