QUI sont-ils ? Épisode 26
Suite de notre série sur les personnages historiques qui ont donné leur nom à une avenue, une rue, ou un lieu de notre territoire. Des noms devenus familiers au fil du temps, mais dont nous ignorons tout ou presque. Partons à la découverte de ces hommes au parcours souvent hors du commun. Épisode 26.
Isidore Salles
Une rue d’Anglet, entre Hausquette et Jouanetote, porte son nom. Isidore-Bertrand, Comte Salles de Gosse (1821-1900), demeure l'une des personnalités marquantes du pays de Gosse. Né à Sainte-Marie-de- Gosse, fils d'un chirurgien et maire de la commune, il débute comme commis de banque à Bayonne avant d’embrasser la carrière de journaliste à Paris dès l'âge de 19 ans. Il fréquente les plus grandes figures littéraires de son temps, dont Victor Hugo, Théophile Gautier et Alphonse de Lamartine, dont il devient le secrétaire. Sa carrière prend ensuite un tournant administratif. Sous-préfet puis Préfet de plusieurs départements, parmi lesquels la Creuse, les Pyrénées-Orientales, l'Aube et le Haut-Rhin, il quitte ses fonctions en 1870. Il poursuit alors une brillante carrière dans le monde de la finance, notamment à la Banque de Paris et des Pays-Bas et à la Compagnie des chemins de fer Bône-Guelma. Écrivain, poète gascon et homme de lettres, Isidore-Bertrand Salles de Gosse reste profondément attaché à sa région natale, à laquelle il consacre plusieurs ouvrages. Élevé à la dignité de Comte par le Pape Léon XIII en 1888, il meurt à Paris en 1900. Aujourd'hui encore, la place principale de Sainte-Marie-de-Gosse porte son nom, en hommage à son parcours exceptionnel.
Jean Errecart
Un Institut à Saint-Palais, qui regroupe notamment le Lycée éponyme et le Collège Etchecopar, a été baptisé du nom de ce défenseur du monde agricole basque. Né le 12 juillet 1909 à Orègue, Jean Errecart a marqué la vie politique du territoire en restant fidèle à ses racines rurales. Après des études de droit à Bordeaux, il reprend en 1931 l’exploitation agricole familiale de son épouse. Mobilisé durant la Seconde Guerre mondiale, il s’investit ensuite dans le syndicalisme agricole. Élu Maire d’Orègue en 1945, comme son père avant lui, il devient également Conseiller général du Canton de Saint-Palais. Député de 1946 à 1951, puis de nouveau quelques mois en 1955, il consacre toutefois l’essentiel de son engagement au Conseil général, où il exerce les fonctions de Vice-président puis de Président de la commission des finances. Il participe de même au développement des coopératives agricoles locales. Élu Sénateur en 1958, puis réélu en 1959 et 1965, Jean Errecart met son expertise de l’agriculture de montagne au service de ses interventions parlementaires. Il plaide notamment pour l’amélioration des infrastructures et la mécanisation afin de préserver l’activité agricole dans les territoires ruraux. Il décède en cours de mandat, le 17 janvier 1971, à Paris, à l’âge de 61 ans.
Henri Zo
À Bayonne, une rue a été nommée en son honneur dans le quartier Marracq, à deux pas de la Gendarmerie. Henri Achille Zo est une figure marquante de la peinture et de l’illustration françaises du début du XXème siècle. Né en 1873 à Bayonne, il fait ses premiers pas artistiques auprès de son père, Achille Zo, avant de poursuivre sa formation à l’École des beaux-arts de Paris dans les ateliers de Léon Bonnat et d’Albert Maignan. Peintre de figures, de portraits et de scènes de genre, Henri Zo puise une grande partie de son inspiration dans l’Espagne et l’univers de la tauromachie, thèmes qu’il partage avec son père. Dès 1897, il expose au Salon des artistes français et obtient plusieurs distinctions, dont une médaille d’argent à l’Exposition universelle de 1900. En 1910, il est nommé chevalier de la Légion d’honneur. Son talent s’exprime également dans l’illustration d’ouvrages prestigieux, notamment Ramuntcho de Pierre Loti et Nouvelles Impressions d’Afrique de Raymond Roussel. Il participe de même à la décoration de l’Opéra- Comique et de la Chapelle Notre-Dame-de-Consolation à Paris, tout en enseignant à l’Académie Julian. Henri Achille Zo disparaît tragiquement en 1933, victime d’un accident de la route dans les Landes près d’Onesse-Laharie.
Louis Blériot
Une allée angloye près du boulevard du BAB et une rue paloise rendent hommage à ce pionnier de l’aviation française. Né à Cambrai en 1872, Louis Blériot obtient son diplôme d’ingénieur de l’École centrale Paris en 1895. Après avoir fait fortune dans la fabrication de phares à acétylène pour automobiles, il consacre son énergie à la conquête du ciel. Entre 1905 et 1909, il met au point onze prototypes d’avions, essuyant de nombreux échecs avant de trouver la formule gagnante. Le 25 juillet 1909, aux commandes de son célèbre Blériot XI, il réalise un exploit historique : la première traversée de la Manche, reliant Calais à Douvres en 37 minutes. Ce vol fait de lui une célébrité internationale et marque un tournant décisif dans l’histoire de l’aéronautique. Premier titulaire du brevet de pilote délivré en France, Louis Blériot contribue également à l’essor de l’industrie aéronautique. Ses usines produisent près de 10 000 avions durant la Première Guerre mondiale, tandis que ses écoles de pilotage forment de nombreux aviateurs, notamment sur la commune de Caubios près de Pau. Inventeur prolifique, il dépose plus d’une centaine de brevets et laisse une empreinte durable sur l’aviation moderne. Décédé en 1936 à Paris d’une crise cardiaque, Louis Blériot demeure l’une des grandes figures françaises de la conquête des airs. Et au-delà… puisqu’un astéroïde de la ceinture principale, découvert le 16 octobre 1977, porte le nom de (112248) Blériot.
Un article à relire :Qui sont-ils ? Épisode 25
