Imprimer la page
Vie quotidienne

Quand le HASARD change le monde

© PheelingsMedia - stock.adobe.com | © George Peter Alexander Healy | © Maria Vitkovska - stock.adobe.com

La découverte ne naît pas toujours d’une recherche méthodique. Elle est parfois le fruit de la sérendipité : l’art de faire une découverte majeure en cherchant autre chose. Erreurs, oublis ou observations imprévues ont ainsi donné naissance à des inventions ou faits historiques qui ont profondément transformé notre quotidien.

La saccharine 

À la fin du XIXe siècle, la découverte de la saccharine illustre le rôle du hasard en science. En 1879, le chimiste Constantin Fahlberg, travaillant avec Ira Remsen, remarque un goût sucré sur ses doigts après avoir manipulé des dérivés de la houille. Cette observation mène à l’identification de la saccharine, un édulcorant au pouvoir sucrant élevé et sans apport calorique. Fahlberg la brevète et la commercialise sans associer Remsen à cette reconnaissance.

Rapidement, la saccharine dépasse le cadre du laboratoire et ouvre la voie à l’industrie des édulcorants artificiels, notamment en période de pénurie de sucre comme durant la Seconde Guerre mondiale. Malgré des controverses sanitaires et des tensions sur la paternité de la découverte, elle s’impose comme une avancée majeure de la chimie alimentaire, annonçant le développement des substituts du sucre et une transformation durable des habitudes de consommation. Pour le mieux ? Difficile à dire…

La vulcanisation du caoutchouc

En pleine Révolution Industrielle, le caoutchouc naturel reste un élément instable, se déformant sous l’effet de la chaleur et du froid. En 1839, Charles Goodyear découvre par accident la vulcanisation en chauffant un mélange de caoutchouc et de soufre. Il obtient alors un matériau plus résistant et élastique, grâce à la formation de liaisons chimiques stabilisant sa structure.
Cette innovation révolutionne l’usage du caoutchouc et permet son exploitation à grande échelle, notamment pour les pneus, les joints d’étanchéité, les câbles isolants et de nombreux dispositifs mécaniques, accompagnant directement l’essor des transports modernes et de l’industrialisation. Malgré l’importance de sa découverte, Goodyear ne connaîtra pas la réussite financière.

Thomas Hancock a été plus rapide que lui pour déposer le brevet de la vulcanisation le 21 novembre 1843, ayant pu découvrir sur les échantillons de Goodyear les traces jaunes de soufre révélant son procédé. Goodyear passera les dernières années de sa vie à poursuivre en justice ceux qu'il accuse d'être des « pirates des brevets ». 32 procès réduisent à néant ses économies. 

Le pacemaker

Au milieu du XXe siècle, le pacemaker naît lui aussi d’une erreur technique. En 1956, l’ingénieur Wilson Greatbatch insère par inadvertance un mauvais composant dans un circuit destiné à enregistrer les battements cardiaques. L’appareil produit alors des impulsions électriques régulières, imitant le rythme du cœur, ce qui lui donne l’idée de stimuler un cœur 
défaillant.

Il met ainsi au point un dispositif implantable capable de réguler le rythme cardiaque. Bien que les premiers modèles soient encore imparfaits, cette innovation marque une avancée majeure en médecine en montrant que des appareils électroniques peuvent suppléer des fonctions vitales. Le pacemaker devient ensuite un outil essentiel, sauvant des millions de vies et ouvrant la voie à de nombreuses technologies médicales implantables.