Imprimer la page
Vie locale

LOGEMENT au Pays Basque : des progrès visibles mais une tension toujours record

« Bayonne recense 4 885 demandes de logement social, loin devant ses villes voisines » © saiko3p - stock.adobe.com

Réunis à Bayonne pour le cinquième Comité territorial du logement, les acteurs du secteur ont dressé un état des lieux contrasté du marché immobilier basque. Si la production de logements sociaux repart et que plusieurs dispositifs portent leurs fruits, la demande continue de progresser plus vite que l’offre, maintenant une pression exceptionnelle sur le territoire.

Quatre ans après son installation par Éric Spitz, alors Préfet des Pyrénées-Atlantiques, le Comité territorial du logement du Pays Basque poursuit son travail de coordination entre l’État, les collectivités et les professionnels du secteur. Le 16 juin à Bayonne, les participants à l’édition 2026 ont fait le point sur les actions engagées pour répondre à une crise du logement qui demeure particulièrement aiguë.

Les chiffres témoignent de cette tension persistante. La Communauté d’Agglomération Pays Basque (CAPB) compte désormais 16 231 demandes de logements sociaux, contre 15 600 en 2024. Le délai moyen d’attente atteint 28 mois et le taux de tension grimpe à 13,3, faisant des Pyrénées-Atlantiques le département le plus tendu de Nouvelle-Aquitaine. En 2025, 1 222 logements sociaux ont été attribués, soit une légère hausse, mais insuffisante pour absorber la progression de la demande.

La pression se concentre principalement sur les communes du littoral. Bayonne recense à elle seule 4 885 demandes de logement social, devant Anglet (3 185), Biarritz (1 507), Hendaye (1 192) et Saint-Jean-de-Luz (1 138).

Une production en hausse

Parmi les points positifs, la production de logements sociaux repart à la hausse. En 2025, 778 ont été agréés sur le territoire de la CAPB, soit 18 de plus que l’objectif fixé. C’est la première fois depuis la création du Comité territorial que les objectifs annuels sont dépassés. Cette amélioration reste néanmoins insuffisante pour couvrir l’ensemble des besoins. Les logements très sociaux demeurent en retrait avec 170 logements PLAI réalisés pour un objectif de 247.

Pour accompagner cette dynamique, l’État a mobilisé 21 millions d’euros sur le territoire. Quatre millions d’euros ont été consacrés au soutien du parc public et 17 millions d’euros à la rénovation du parc privé via l’Agence nationale de l’habitat (Anah).

Le bilan de la Loi Solidarité et Renouvellement Urbains (SRU) traduit également des progrès. Sur un objectif de 3 139 logements sociaux, 1 685 ont été agréés, soit un taux d’atteinte de 54 %. Quatre communes — Bidart, Boucau, Saint-Jean-de-Luz et Saint-Pierre-d’Irube — atteignent leurs objectifs, tandis que onze restent en situation de carence.

Débloquer les projets

L’un des outils mis en avant lors de cette réunion est la « Task Force logement », créée pour identifier et lever les blocages sur les opérations immobilières. Sur plus de 11 000 logements suivis, près de 1 800 ont été débloqués grâce à son intervention. Parmi eux, 483 sont déjà livrés.

Les programmes d’accompagnement territoriaux affichent eux aussi des perspectives importantes. Plus de 3 200 logements sont aujourd’hui programmés, dont 2 081 logements sociaux. Si seulement 292 ont été livrés à ce jour, près de 900 sont en chantier et plus de 2 000 se trouvent encore en phase de conception.

Mieux mobiliser le parc existant

Au-delà de la construction, les acteurs du logement cherchent à utiliser davantage les logements déjà disponibles. L’encadrement des loyers, appliqué dans 24 communes de la CAPB depuis dix-huit mois, montre ses premiers effets. Les loyers continuent de progresser, mais à un rythme plus modéré.

Le conventionnement du parc privé avec l’Anah constitue un autre levier. En échange d’avantages fiscaux et de subventions, les propriétaires s’engagent à louer à des prix plafonnés à des ménages respectant des conditions de ressources. Ces logements sont alors comptabilisés dans les objectifs SRU des communes.

La lutte contre les baux frauduleux s’intensifie également. Grâce à une coopération renforcée entre les services de l’État, plusieurs situations ont été réglées par la médiation, tandis que d’autres ont donné lieu à des sanctions judiciaires ou fiscales. Enfin, le partenariat entre la Direction départementale des finances publiques et la CAPB vise à mieux repérer les logements vacants. Les contrôles réalisés en 2026 ont conduit à près de 1 200 taxations complémentaires sur le territoire basque.

Pour les responsables réunis à Bayonne, la feuille de route reste claire : mieux connaître le parc existant, remettre davantage de logements sur le marché et poursuivre l’effort de construction afin de répondre à une demande qui ne cesse de croître.

 

À lire aussi : Marché immobilier : REPRISE sans excès et sous contraintes