Marché immobilier : REPRISE sans excès et sous contraintes
Le volume de transactions de logements anciens à fin février 2026 en cumul sur les douze derniers mois en France (1) atteint 958 000 ventes, confirmant en ce début d’année la sortie progressive de la crise immobilière amorcée en 2022. La progression annuelle, de l’ordre de 11 %, reste soutenue par une demande qui ne se dément pas dans les Offices Notariaux. Le marché entre désormais dans une phase de stabilisation.
Ce regain doit toutefois être relativisé : sur une période plus longue, la progression demeure limitée, avec une évolution d’environ 2 % entre 2023 et 2025, illustrant un redémarrage progressif sans rattrapage marqué. Les niveaux actuels s’inscriraient ainsi dans une zone d’équilibre autour de 975 000 transactions, caractéristique d’un marché d’utilisateurs. Malgré un environnement économique et géopolitique incertain, les ménages semblent relativement résilients dans leurs décisions d’acquisition. La pierre conserve son statut de valeur refuge, perçue comme un placement sécurisé et un engagement à long terme. Le doute demeure, mais il ne se traduit pas, à ce stade, par une défiance vis-à-vis de l’immobilier.
Les prix des logements anciens confirment cette phase de stabilisation. Après une légère hausse observée fin 2025, les projections issues des avant-contrats à fin mai 2026 indiquent une quasi-stabilité des prix sur un an (- 0,2 %), avec des évolutions très contenues selon les typologies (+ 0,3 % pour les appartements, - 0,5 % pour les maisons). Le marché demeure ainsi dans une logique d’ajustement par la négociation plutôt que par des corrections brutales.
Dans ce contexte, le maintien de prix en adéquation avec le pouvoir d’achat immobilier des ménages constitue un facteur déterminant : toute remontée trop rapide des valeurs, dans un environnement encore fragile, pourrait enrayer une dynamique qui reste sans excès. Les conditions de financement demeurent ainsi au coeur de l’équilibre du marché. Après une phase de détente en 2024 et 2025, les taux d’intérêt ont légèrement progressé en début d’année 2026, atteignant autour de 3,3 % sur 20 ans en avril. Dans le même temps, la Banque Centrale Européenne (2) a maintenu ses taux directeurs inchangés, tout en signalant des tensions persistantes sur les prix susceptibles de peser sur la croissance et d’entretenir un climat d’incertitude. Les établissements bancaires conservent encore une posture plutôt facilitatrice. L’évolution des taux constitue un point de vigilance central : une remontée plus marquée pèserait directement sur la solvabilité des ménages, en particulier des primo-accédants et pourrait rapidement freiner la dynamique du marché.
Cette sensibilité accrue aux conditions de financement s’inscrit dans un environnement plus largement exposé aux tensions extérieures. Les pressions sur les coûts énergétiques et leurs effets sur l’inflation alimentent...
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