Les cures THERMALES face à l’hypothèse du DÉREMBOURSEMENT
Le Gouvernement envisage une réforme du remboursement des cures thermales par la Sécurité sociale. Si la mesure devait se concrétiser, elle pourrait modifier profondément l’équilibre économique du secteur dans les Pyrénées-Atlantiques. Cela représente des milliers de curistes chaque année et un nombre important d’emplois directs et indirects.
Les Pyrénées-Atlantiques comptent plusieurs stations thermales emblématiques : Cambo-les-Bains, Salies-de-Béarn, ainsi que les établissement d’Eaux-Bonnes. Ensemble, ces sites accueillent environ 20 000 curistes par an, selon les estimations établies à partir des bilans municipaux et des données de fréquentation communiquées par les exploitants.
Cambo-les-Bains concentre à elle seule près de 15 000 curistes, faisant de la station l’une des plus fréquentées du Sud-Ouest. Salies-de-Béarn en accueille entre 4 000 et 4 500. À l’échelle départementale, ces chiffres traduisent une activité de santé et de bien-être durablement implantée, participant à la vitalité touristique et commerciale des communes concernées.
Des retombées économiques considérables
Au-delà de l’aspect médical, les cures thermales représentent un véritable écosystème. Le rapport 2024 de l’Observatoire de l’Économie des Stations Thermales (OESTh) indique que, pour la région Nouvelle-Aquitaine, le thermalisme a généré 910 millions d’euros de retombées économiques et soutenu plus de 6 200 emplois équivalents temps plein en 2023. Ces emplois ne concernent pas uniquement le personnel des établissements : ils incluent l’hôtellerie, la restauration, les transports, les commerces et les services locaux. Les cures conventionnées, actuellement remboursées à 65 % par l’Assurance maladie, constituent l’essentiel du chiffre d’affaires des établissements. Selon les études sectorielles, près de 90 % des revenus des thermes proviennent encore de ces séjours médicaux. Le coût moyen d’une cure s’élève à environ 560 euros par patient, auxquels s’ajoutent les dépenses d’hébergement, de restauration et de loisirs.
À titre d’exemple, la seule station de Cambo-les-Bains représente donc un chiffre d’affaires brut estimé à plus de 8 millions d’euros par an pour les soins thermaux, sans compter les retombées sur les commerces et les hébergements environnants. Un recul du nombre de curistes aurait donc un impact direct sur l’économie locale et sur les centaines d’emplois qu’elle fait vivre.
Une adaptation nécessaire
Face à la perspective d’un déremboursement, les acteurs du thermalisme s’interrogent déjà sur l’avenir du modèle. Certaines stations ont entrepris depuis plusieurs années de diversifier leur offre : mini-cures, séjours de prévention, programmes bien-être, espaces thermoludiques ou séjours « sport-santé ». Ces formules non conventionnées attirent un public plus large, mais leur développement ne compense pas toujours le poids économique des cures médicales. Les collectivités locales s’inquiètent de l’effet domino que pourrait provoquer une baisse de fréquentation pour tout un tissu économique qui s’est structuré autour du thermalisme.
Dans un département où les stations thermales s’inscrivent dans l’histoire, le savoir-faire et le patrimoine local, un éventuel déremboursement poserait la question du maintien de cette filière dans sa forme actuelle. Si les règles évoluent, la capacité des stations à innover et à diversifier leurs sources de revenus sera déterminante pour préserver un pan entier de l’économie locale.
