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Vie locale

ESTIA : Au-delà de la FORMATION, un moteur de développement économique

© ESTIA

Former des ingénieurs, accompagner les entreprises, faire émerger des start-up et attirer les talents. Trente ans après sa création, l'ESTIA, l'école d'ingénieurs de Bidart, mesure pour la première fois l'impact global de son activité sur le territoire. Selon une étude indépendante, chaque euro investi par les collectivités dans l'établissement génère 79 euros de retombées économiques, confirmant son rôle stratégique pour le Pays Basque et la Nouvelle-Aquitaine.

Former des ingénieurs ne se résume plus à délivrer des diplômes. À Bidart, l’École Supérieure des Technologies Industrielles Avancées (ESTIA) revendique depuis plusieurs années un rôle de trait d'union entre enseignement supérieur, recherche, innovation et développement économique. Une étude d'impact réalisée selon la méthodologie ENSIS (Engineering School Impact System), développée par la Fondation Nationale pour l'Enseignement de la Gestion des Entreprises (FNEGE), vient désormais chiffrer cette contribution.

Le constat est sans appel. L'activité de l’ESTIA génère un impact économique global estimé à 181 millions d'euros par an sur son territoire. Une valeur qui intègre les dépenses directes de l'établissement, celles des étudiants, des visiteurs, des partenaires ainsi que les effets multiplicateurs de ces flux dans l'économie locale. Rapporté aux financements publics accordés par les collectivités, le rendement est particulièrement élevé : un euro investi produit 79 euros de retombées économiques. Au total, près de 1 200 emplois seraient directement ou indirectement liés à l'activité de l'école.

Une école qui attire les talents... et les garde

Avec près de 1 100 étudiants accueillis en 2025, dont 344 apprentis, l’ESTIA dépasse largement le cadre de son bassin de recrutement. Plus de trois étudiants sur quatre viennent de l'extérieur des Pyrénées-
Atlantiques, preuve de l'attractivité acquise par l'établissement à l'échelle nationale et internationale.

Au-delà de cette capacité à attirer les futurs ingénieurs, l'École contribue également à les fixer sur le territoire. Près d'un diplômé sur deux choisit de poursuivre sa carrière en Nouvelle-Aquitaine. Un atout précieux dans un contexte où les entreprises peinent à recruter des profils hautement qualifiés.

Les étudiants représentent également une ressource immédiate pour les entreprises. Stages, contrats d'apprentissage, projets industriels ou doctorats CIFRE constituent un apport évalué à 493 équivalents temps plein, soit une valeur économique de 13,3 millions d'euros. Pour les seules entreprises des Pyrénées-Atlantiques, cela représente près de 200 équivalents temps plein. 
Cette proximité entre l'école et le tissu industriel explique l'implantation de sociétés innovantes à proximité du Campus, à l'image de Sophia Genetics, venue y développer ses recrutements d'ingénieurs.

Une pépinière d'entreprises innovantes

L'étude souligne également le rôle entrepreneurial joué par l'ESTIA au sein de la Technopole Izarbel. En cinq ans, 47 entreprises ont été créées en lien avec l'école, générant près de 130 emplois. Cette dynamique repose sur un continuum entre formation, recherche, plateformes technologiques et accompagnement des porteurs de projets. Plusieurs jeunes pousses illustrent cette capacité à transformer les compétences développées à l'école en activités économiques : Darwie dans la mobilité, Wyve dans les matériaux, Trashboard autour de l'économie circulaire, Satlantis France dans l'observation satellitaire, Adaxis en fabrication additive ou encore DAB Motors.

Le rapport ENSIS qualifie cet impact entrepreneurial « d'exceptionnel », soulignant la capacité de l'établissement à faire émerger des entreprises innovantes en lien direct avec les technologies de l'industrie du futur.

Recherche appliquée et transitions industrielles

L'activité de recherche constitue un autre pilier du modèle développé par l'ESTIA. Les travaux portent sur des enjeux directement liés aux besoins des entreprises : industrie 5.0, intelligence artificielle, robotique, fabrication additive, matériaux composites, transition énergétique ou économie circulaire.

Au cours des cinq dernières années, 27 thèses ont ainsi été conduites en partenariat avec la Région. Les sept plateformes technologiques de l'école permettent ensuite de transférer ces innovations vers les entreprises, en facilitant l'expérimentation, l'industrialisation et l'intégration de nouvelles technologies.

Au-delà de son impact économique, l'étude met également en avant les engagements sociétaux de l'établissement. Il accueille 28,3 % d'étudiants boursiers, développe des actions en faveur de l'inclusion et du handicap, intègre les enjeux du développement durable dans ses formations et a obtenu en 2024 le label DD&RS.

À l'approche de son trentième anniversaire, l'ESTIA voit ainsi confortée sa vocation initiale : répondre aux besoins de développement économique du territoire. Pour son Directeur général, Patxi Elissalde, cette étude apporte une démonstration chiffrée de ce que l'établissement construit depuis trois décennies : « former les compétences dont les entreprises ont besoin, soutenir l'innovation industrielle et contribuer durablement au développement du Pays Basque et de la Nouvelle-Aquitaine ».