Un PROJET de Réserve naturelle sur le bassin de la Nive
Située entre les prairies humides de la Plaine d’Ansot, ses roselières et les bras de la Nive et de l’Adour, la Ville de Bayonne porte un projet ambitieux de Réserve Naturelle Nationale (RNN). Encore au stade d’avant-projet, cette démarche entend protéger un patrimoine écologique d’exception tout en associant les collectivités et les acteurs du territoire à sa construction. Plus qu’un changement de statut, elle envisage une autre manière de cohabiter avec la nature et d’assurer la préservation de la biodiversité à l’échelle d’un territoire.
À l’occasion de la Journée internationale de la biodiversité, une visite guidée de la Plaine d’Ansot permettait de découvrir les multiples richesses écologiques de ce site - classé Espace Naturel Sensible (ENS) et intégré au réseau Natura 2000 - situé à quelques minutes seulement du centre-ville de Bayonne. Guidés par Rachel Maurin, garde-animatrice nature, les participants ont eu l'occasion de parcourir les différents habitats qui composent les Barthes et d’évoquer le projet de création d’une Réserve Naturelle Nationale (RNN), aujourd’hui en phase d’étude préalable. Monsieur Lionel Sevilla, conseiller municipal délégué à la biodiversité, avait pris le relais pour préciser les contours de ce projet dont les ambitions dépassent largement le seul périmètre bayonnais.
Une mosaïque de milieux devenue refuge pour des espèces menacées
Difficile d’imaginer, en longeant les sentiers de la Plaine d’Ansot, que ce paysage constitue le refuge précieux d’une biodiversité foisonnante. Pourtant, derrière la verdure, les prairies humides, les roselières, les forêts alluviales et le réseau de canaux se cache un patrimoine naturel d’une grande valeur. Certains habitants de ces lieux font même l’objet d’attentions particulières en raison de leur rareté.
Parmi ces espèces figure le vison d’Europe, considéré comme le mammifère semi-aquatique le plus menacé au monde. Les suivis réalisés depuis plusieurs années n’ont permis d’identifier que quelques individus, mais leur présence suffit à conférer au site une responsabilité majeure en matière de conservation. La loutre d’Europe, autrefois en fort déclin, est venue recoloniser progressivement les lieux. Des analyses génétiques révèlent aujourd’hui une population installée, avec des reproductions régulières.
Les milieux humides accueillent également l’anguille d’Europe, dont une partie du cycle de vie s’effectue dans les canaux et les étangs des barthes avant son retour vers la mer des Sargasses pour la reproduction. Cette espèce classée en danger critique d’extinction fait l’objet d’un suivi scientifique spécifique destiné à mieux comprendre ses déplacements. Les inventaires réguliers effectués sur le site ont également permis d’identifier des espèces plus confidentielles encore, mais tout aussi importantes et révélatrices de la qualité écologique des lieux. Le cuivré des marais, papillon protégé au niveau national, trouve ici l’un des rares sites où il se reproduit encore grâce à la présence de prairies humides et d’oseille sauvage. Les roselières servent quant à elles de halte migratoire au phragmite aquatique, un petit passereau qui parcourt plusieurs milliers de kilomètres entre l’Europe du Nord et l’Afrique subsaharienne.
Pour Lionel Sevilla, ces espèces constituent autant d’atouts pour appuyer un passage en RNN. En effet, leur présence est un formidable argument en faveur du changement de statut du site. « En mettant en exergue ces espèces, cela nous permet de protéger tout un écosystème, tout un panel d’espèces. Ce sont presque des espèces parapluies », explique-t-il.
Véritables réservoirs de biodiversité, les zones humides jouent également un rôle essentiel dans le fonctionnement du territoire. Lors des crues, les barthes absorbent les excédents d’eau et limitent les risques d’inondation en aval. Elles participent également à l’épuration de l’eau, contribuent à maintenir l’humidité des sols durant les périodes sèches et atténuent les effets des îlots de chaleur dans un secteur urbanisé.
Longtemps perçues comme des espaces sales, à conquérir ou à assécher, les zones humides apparaissent désormais comme...
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