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Vie locale

Tourisme estival : Le département 64 RÉSISTE, entre proximité et marchés étrangers

© JeanLuc Ichard - stock.adobe.com

Malgré des ménages toujours attentifs à leurs dépenses, les Pyrénées-Atlantiques ont plutôt bien résisté cet été. Le Béarn affiche une progression de ses nuitées, tandis que le Pays Basque stabilise sa fréquentation après deux années de recul. Parmi les principaux moteurs de cette saison : les clientèles de proximité, la progression spectaculaire des visiteurs espagnols et une hôtellerie qui confirme sa bonne tenue.

L’été 2026 n’aura pas été celui du grand rebond, mais plutôt celui de la résistance. Dans un contexte économique encore contraint, les Pyrénées-Atlantiques ont conservé une fréquentation touristique globalement solide. L’analyse des nuitées marchandes et non marchandes enregistrées en juillet et août met toutefois en évidence des trajectoires différentes selon les territoires. Si le Béarn tire son épingle du jeu avec une hausse de 3 %, le Pays Basque parvient surtout à enrayer la baisse observée depuis deux ans.

Un enseignement se dégage néanmoins à l’échelle du département : les vacances de proximité continuent de jouer un rôle déterminant. La clientèle girondine progresse ainsi de 4 % sur une partie importante du territoire. Les incendies survenus cet été ont pu favoriser ponctuellement des reports vers les Pyrénées-Atlantiques, notamment chez des proches ou dans des hébergements touristiques, même si cette hypothèse devra encore être confirmée. Autre tendance forte : la clientèle espagnole bondit de 13 % et confirme son statut de marché stratégique. Dans le même temps, l’hôtellerie affiche des performances encourageantes, avec des taux d’occupation en hausse de quatre points en Béarn et de deux points au Pays Basque.

Le Béarn confirme son attractivité

Avec deux millions de nuitées enregistrées cet été, le Béarn progresse de 3 %. La Gironde contribue largement à cette dynamique, avec une hausse de 14 %, tandis que la fréquentation espagnole continue de gagner du terrain (+ 10 %). À l’inverse, le marché britannique décroche nettement (- 25 %). À Pau, la progression atteint également 3 %, pour 635 000 nuitées. La clientèle girondine compense notamment le recul de l’Île-de-France. L’Espagne, de son côté, stabilise ses volumes à un niveau déjà élevé après plusieurs années de croissance. Les États-Unis et l’Allemagne poursuivent leur progression, même si leurs volumes demeurent plus modestes. Autre particularité : la hausse paloise est principalement portée par les classes moyennes et les revenus plus modestes. Les clientèles de 45 ans et plus résistent également mieux.

Dans les territoires de montagne, la situation est tout aussi encourageante. La Vallée d’Ossau reste stable, avec 230 000 nuitées, la progression de la Gironde compensant notamment les baisses venues de Loire-Atlantique et de la région parisienne. L’Espagne devient ici le deuxième marché, tandis que les 25-34 ans progressent.

Le Haut-Béarn gagne 3 %, à 260 000 nuitées. Sa croissance repose sur plusieurs marchés, notamment belge et espagnol. Le territoire continue également d’attirer des clientèles urbaines et périurbaines en quête de grands espaces, tandis que les 18-35 ans prennent une place croissante.

Pays Basque : la stabilité cache de fortes disparités

Avec six millions de nuitées, le Pays Basque retrouve une forme de stabilité après deux années de baisse. La clientèle girondine progresse de 3 %, et l’Espagne impressionne, avec une hausse de 14 %. Elle devient le premier marché de la destination, devant Paris et la Gironde. L’Allemagne affiche également une progression spectaculaire de 25 %. Derrière cette stabilité départementale, les situations sont toutefois très différentes. Sur le littoral, Saint-Jean-de-Luz réalise l’une des meilleures performances avec + 5 %, à 774 000 nuitées, portée notamment par l’Île-de-France et l’Espagne. Bayonne reste stable, à 830 000 nuitées.

À l’inverse, plusieurs stations reculent. Biarritz enregistre - 4 %, à un million de nuitées, malgré la progression des clientèles allemande, espagnole et américaine. Bidart baisse de 3 % et Anglet de 9 %. À Hendaye, le recul atteint 10 %, avec 593 000 nuitées. Une évolution à mettre en regard de la contraction de l’offre marchande : le nombre de lits marchands est passé de 10 000 en 2022 à 7 000 en 2026. La réglementation des meublés, mise en œuvre depuis 2023, a notamment conduit au retrait d’environ 700 logements du marché locatif.

Le rétro-littoral et l’intérieur basque connaissent, eux aussi, un été plus délicat. Cambo-les-Bains recule de 6 %, les villages labourdins de 11 %. Bidache fait exception avec une progression de 7 %, tandis que Hasparren et Saint-Palais enregistrent chacun une baisse de 11 %. La montagne basque est également en retrait : - 7 % à Saint-Jean-Pied-de-Port et - 9 % aux Aldudes. La Soule, en revanche, progresse de 3 %.

Au-delà des chiffres, l’été 2026 confirme donc une évolution des équilibres touristiques. La proximité reste une valeur sûre, l’Espagne s’impose toujours davantage et les territoires capables de proposer nature, grands espaces et diversité d’hébergements semblent mieux armés pour résister aux arbitrages budgétaires des vacanciers.