TENDANCES ÉCONOMIQUES en Nouvelle-Aquitaine - Mai 2026
L’activité régionale se replie conformément aux anticipations des chefs d’entreprise exprimées le mois dernier.
La production industrielle recule dans la plupart des filières. Les tensions sur les approvisionnements se confirment et s’accompagnent de hausses de prix. L’incertitude entourant la durée et l’intensité du conflit au Moyen-Orient pèse sur la demande. En outre, les difficultés de recrutement dans les segments les plus dynamiques constituent un frein supplémentaire.
Les services marchands enregistrent une nouvelle baisse d’activité, sous l’effet du ralentissement de la consommation des ménages et de l’insuffisance des projets émanant des entreprises. Les trésoreries restent précaires, notamment dans les segments sensibles à la hausse des coûts de carburant.
L’activité du bâtiment fléchit par rapport à avril, principalement en raison du nombre élevé de jours non travaillés. Toutefois, la faiblesse persistante des carnets de commandes entretient un climat de doute et accentue la concurrence. Dans ce contexte, les hausses de coûts de certains matériaux sont difficilement répercutées dans les devis et amenuisent les marges. En juin, selon les anticipations des chefs d’entreprise, l’activité se redresserait modérément dans les trois grands secteurs : industrie, services marchands et bâtiment.
Industrie
La production industrielle se replie fortement dans son ensemble en mai. Les segments liés au nautisme, à l’automobile ou à la mécanique industrielle font face à une demande atone dans un contexte géopolitique incertain. L’industrie alimentaire, particulièrement la transformation de viande, pâtit des épisodes de fortes chaleurs défavorables à la consommation. Par ailleurs, les segments pourtant porteurs, comme la défense, le spatial ou les data centers, ne parviennent pas à tirer pleinement parti de la demande en raison de contraintes d’approvisionnement, de hausse des coûts ou de tensions sur les recrutements au sein des chaînes de sous-traitance. Les carnets de commandes, hormis dans l’aéronautique et le spatial, manquent toujours de densité. Les industriels anticipaient une amélioration en juin, portée par un calendrier plus favorable et par une diminution progressive des freins à la production.
Industrie alimentaire
La production alimentaire recule, en raison d’une baisse d’activité particulièrement marquée dans la transformation de la viande. L’évolution apparaît plus contrastée, mais globalement positive pour le segment des fruits et légumes. La filière des produits laitiers bénéficie d’une demande soutenue pour le fromage et, à la suite des fortes chaleurs, pour les glaces. Sur le segment des boissons, la production d’eau marque le pas, conséquence d’un surstockage en avril, tandis que la demande de jeunes cognacs vers l’Europe et l’Extrême- Orient soutient les livraisons. Les coûts de production augmentent, principalement sous l’effet de la hausse des prix des emballages (plastique, verre, adhésifs, aluminium) et du transport. Hormis dans la fabrication de produits laitiers, les carnets de commandes demeurent insuffisants. Pour juin, les perspectives se révélaient plus favorables.
Équipements électriques et électroniques
La production comme les livraisons progressent légèrement en mai tant pour les fabrications électriques-électroniques que pour les machines et équipements. Néanmoins des pénuries d’approvisionnement se confirment, notamment pour les composants électroniques, en lien avec les besoins massifs générés par l’essor de l’Intelligence Artificielle. Les prix des intrants progressent avec des répercussions encore partielles sur les prix des produits finis. Dans ce contexte, les marges se contractent et les tensions de trésorerie s’accentuent. Les entrées d’ordres s’essoufflent en mai, tant sur le marché domestique que sur les marchés à l’export. Les carnets de commandes restent conformes aux attentes mais les finalisations des projets au sein des bureaux d’études des entreprises tardent à se concrétiser et traduisent l’attentisme des chefs d’entreprise. Une baisse limitée de la production était anticipée en juin.
Matériels de transport
En mai, la production comme les livraisons s’inscrivent en retrait. Le ferroviaire progresse toujours, tandis que la totalité des autres composantes (secteur automobile, construction de bateaux de plaisance et aéronautique) se replie. Au global, les effectifs se stabilisent : ils progressent dans l’aéronautique et le ferroviaire tandis qu’ils se contractent dans la construction navale. Les prix des matières premières se renchérissent de nouveau mais ne se répercutent que partiellement sur les prix des produits finis. Les entrées d’ordres poursuivent leur progression, portées par la bonne tenue des débouchés à l’export. Les carnets de commandes restent favorablement orientés. Les stocks de produits finis et semi-finis demeurent élevés notamment en raison de la contribution toujours significative de l’aéronautique. En juin, les perspectives retrouvaient une meilleure orientation.
Autres produits industriels
Industrie chimique — Produits en caoutchouc, plastique, verre, béton — Travail du bois — Métallurgie — Papier Carton.
L’activité des autres produits industriels s’inscrit de nouveau en repli, au-delà de l’effet calendaire. La quasi-totalité des branches porte cette tendance. Les coûts des intrants subissent une nouvelle poussée inflationniste, conséquence du conflit au Moyen-Orient. Les revalorisations des prix de vente s’opèrent avec décalage d’autant que la pression concurrentielle sur certains marchés complique leur mise en oeuvre. Dans le même temps, les industriels évoquent un allongement des délais de règlement. Dans ce contexte, les marges se resserrent et l’équilibre des trésoreries reste dégradé. Les entrées d’ordres globalement progressent, le plus souvent par anticipation des hausses tarifaires à venir. Les évolutions demeurent cependant hétérogènes selon les marchés, avec des baisses, notamment dans le bois, la pharmacie et les produits métalliques. Face à des stocks de produits finis légèrement supérieurs aux besoins, le niveau des carnets de commandes s’avère insuffisant dans la plupart des branches et offre des perspectives contrastées. Les professionnels anticipaient un rebond mais l’incertitude prévaut.
Services marchands
Dans les services marchands, l’activité se replie globalement en mai, comme prévu par les chefs d’entreprise, avec des tendances hétérogènes selon les prestations. Si la hausse se poursuit dans la réparation automobile et les activités informatiques, l’activité recule en revanche dans les transports routiers de marchandises et services auxiliaires, pénalisés par le coût des carburants qui freine les déplacements. La fréquentation fléchit dans la restauration, affectée par les fortes chaleurs, et marque également le pas dans l’hôtellerie. Le manque de dynamisme de la demande dans le travail temporaire reflète l’attentisme des secteurs de l’industrie et du bâtiment. Dans l’ensemble, les chefs d’entreprise anticipaient une progression modérée de l’activité en juin.
Hébergement
L’activité hôtelière marque le pas globalement, mais apparaît contrastée selon les établissements. Les nombreux jours fériés minorent la demande de la clientèle professionnelle. Les arbitrages budgétaires des ménages pèsent également sur le niveau d’activité. La revalorisation des prix permet de compenser partiellement la baisse de fréquentation et de maintenir l’équilibre des trésoreries. Les effectifs sont revus à la baisse. Malgré une visibilité limitée par les réservations de dernière minute, une hausse de la fréquentation était attendue en juin.
Restauration
La fréquentation fléchit de nouveau en mai, affectée par les fortes chaleurs, le recul de la clientèle étrangère et les arbitrages budgétaires des ménages. Le panier moyen tend également à se réduire. Dans ce contexte, la concurrence s’intensifie. Elle limite les possibilités d’ajustement tarifaire et conduit au recours à des offres promotionnelles, en particulier dans la restauration rapide. L’équilibre des trésoreries se fragilise face à la hausse de certaines matières premières. Les effectifs se contractent avec des ajustements du personnel saisonnier. Selon les restaurateurs, les perspectives seraient mieux orientées en juin.
Bâtiment
L’activité du bâtiment s’inscrit en baisse par rapport à avril, en raison des jours fériés et des prises de congés. Le marché demeure contrasté : si les chantiers en cours, souvent de grande envergure et de longue durée, permettent de soutenir la production, les carnets de commandes restent affectés par les arbitrages budgétaires des collectivités, des industriels et des particuliers. Par ailleurs, les marges restent sous pression, les hausses de coûts (matériaux, transport) étant difficilement répercutées dans un contexte de forte concurrence. Les effectifs évoluent peu, avec des recrutements limités et ciblés. Les dirigeants anticipaient une légère reprise d’activité en juin, principalement dans le second œuvre.
Source : Banque de France - Extraits des Tendances Régionales - Région Nouvelle-Aquitaine. Enquête réalisée du mercredi 27 mai 2026 au mercredi 3 juin 2026 auprès d’environ 940 entreprises et établissements de la Région Nouvelle-Aquitaine.
Retrouvez notre analyse publiée précédemment : TENDANCES ÉCONOMIQUES en Nouvelle-Aquitaine - Avril 2026
