SOLITUDE des DIRIGEANTS de PME : Un malaise qui s’intensifie
Dix ans après sa première étude sur le sujet, Bpifrance Le Lab évoque une solitude persistante chez les dirigeants de PME-ETI. Elle ne tient pas à l’absence de contacts puisque les chefs d’entreprise échangent toute la journée. Mais ils restent seuls face à la décision et à la responsabilité.
« Le dirigeant n’est pas seul au sens clinique ou psychologique. Il est, en revanche, seul dans l’exercice de ses fonctions », souligne Philippe Mutricy, Directeur des études de Bpifrance Le Lab. L’enquête de Bpifrance Le Lab* révèle que près d’un dirigeant sur deux (49 %) se déclarent isolés en 2026, contre 46 % en 2016. Si la hausse est limitée, l’intensité progresse avec une part des « très isolés » qui est passée de 11 % à 18 %.
Les crises, toile de fond permanente
Le sentiment de solitude s’est installé dans un environnement plus instable. Les dirigeants interrogés évaluent leur solitude à 3,1 sur 5 aujourd’hui, contre 2,1, il y a dix ans. La note atteint 4,1 chez ceux qui se disent toujours seuls dans les moments difficiles. Covid, inflation, crise énergétique, guerre en Ukraine, tensions d’approvisionnement : les chocs se succèdent. Une accumulation qui impose un effort de communication. Dans l’étude, Alexandre Delourmel, dirigeant d’Adel Solutions, résume cette tension : « On doit apprendre à surcommuniquer en tant que dirigeant », tout en ayant « de moins en moins de temps pour le faire ». Il faut à la fois « rassurer les salariés, les clients, les fournisseurs », explique Philippe Mutricy. Et traiter les urgences. Le premier facteur de solitude cité par les dirigeants reste pourtant plus quotidien : la complexité réglementaire et administrative est mentionnée par 63 % des répondants, devant l’incertitude économique, à 58 %. « On passe plus de temps à gérer des problèmes administratifs qu’à faire notre vrai métier. On travaille pour l’État, mais on n’est pas rémunérés pour ça », témoigne Alexandre Delourmel.
Doute sur le sens entrepreneurial
Cette solitude touche également le sens donné à l’engagement entrepreneurial. Au cours des 12 derniers mois, 75 % des dirigeants sondés se sont demandé s’ils trouvaient encore du sens à leur engagement, un tiers « très souvent » et 42 % « parfois ». Un dirigeant de PME confie dans l’étude : « Il y a des moments où on a envie de tout lâcher. » Le lien avec l’isolement ressort nettement. Parmi les dirigeants « très isolés », 93 % se sont interrogés sur le sens de leur engagement. Même chez ceux qui se disent « très entourés »,...
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