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Vie locale

Qui sont-ils ? Épisode 28

© DR

Charles Denis Bourbaki

Des rues à Pau et à Bayonne, ainsi qu’un club de football palois et un stade, portent le nom du Général français. Né à Pau en 1816, Charles Denis Sauter Bourbaki s'est illustré au XIXe siècle par une brillante et longue carrière militaire. Formé à Saint-Cyr, il se distingue d'abord lors de la conquête de l'Algérie au commandement des zouaves et des tirailleurs algériens, puis s'illustre durant la guerre de Crimée et la campagne d'Italie. Ses états de service lui valent de s'élever jusqu'à la dignité de Grand-croix de la Légion d'honneur. Pendant la guerre franco-allemande de 1870, il commande la Garde impériale, puis l'armée de l'Est. Chargé de secourir Belfort, il fait face à des difficultés extrêmes et à l'encerclement de ses troupes. Pour échapper à la reddition, il tente de se suicider en janvier 1871 avant d'être interné en Suisse avec ses hommes, un épisode dramatique immortalisé par une célèbre peinture d’Edouard Castres. Il achève sa vie publique comme Gouverneur militaire de Lyon de 1871 à 1879. Charles Denis Bourbaki meurt le 22 septembre 1897 à Bayonne où il est enterré au Cimetière Saint-Étienne. Son nom reste aujourd'hui attaché à sa ville natale de Pau ainsi qu'à l'expression populaire de l'armée de Bourbaki.

Louis Charles Breguet

Une allée à Anglet célèbre ce pionnier de l’aéronautique française. Diplômé de l’École supérieure d'électricité et héritier d’une grande tradition scientifique, cet ingénieur visionnaire a marqué l'histoire de l’aviation. Dès 1907, il conçoit avec son frère le gyroplane, ancêtre de l'hélicoptère, avant de fonder sa propre société d’aviation en 1909. Son génie s'illustre particulièrement durant la Première Guerre mondiale avec le célèbre bombardier Breguet XIV, produit à plus de 8 000 exemplaires. Précurseur, Louis Charles Breguet est l'un des premiers à utiliser l'aluminium pour la structure des appareils. Impliqué dans le transport aérien, il cofonde en 1919 la Compagnie des messageries aériennes, à l'origine d'Air France. Ses avions enchaînent les exploits, à l'image du légendaire Point d'Interrogation, qui réalise en 1930 la première traversée transatlantique sans escale d'est en ouest entre Paris et New York. Homme aux multiples talents, il était également un sportif accompli, remportant une médaille de bronze en voile aux Jeux olympiques de 1924. Fondée en 1936 par Pierre-Georges Latécoère pour la construction aéronautique, l'usine de Biarritz passe sous le contrôle de Breguet en 1940. Elle est ensuite rachetée par les Avions Marcel Dassault (qui acquièrent 66 % de Breguet en 1967) avant d'être totalement intégrée à Dassault Aviation en 1971 lors de la fusion des deux sociétés. Louis Charles Breguet s'est éteint en 1955 à Saint-Germain-en-Laye (78) à l'âge de 75 ans. Il repose au Cimetière du Père-Lachaise. Son nom reste gravé à jamais dans l’univers de l’industrie aéronautique.

Gaëtan Bernoville

Une rue à Saint Jean de Luz rend hommage à l’écrivain. Né dans la cité luzienne en 1889, Gaëtan Bernoville est un journaliste et écrivain catholique incontournable. Après des études aux séminaires d'Issy-les-Moulineaux et de Rome, interrompues par le décès de son père, il ouvre une librairie au Quartier Latin. En 1913, il fonde la revue Les Lettres, qu'il dirige jusqu'en 1931, rassemblant des figures majeures de la pensée catholique comme Jacques Maritain. Dans les années 1920, Gaëtan Bernoville s'impose comme un acteur clé de la Renaissance littéraire catholique en France. Il impulse de grands rassemblements intellectuels, notamment la Semaine des écrivains catholiques de 1921 à 1927. Son influence s'étend également à l'histoire religieuse à travers sa célèbre série Itinéraire spirituel de la France et son attachement littéraire marqué pour son Pays Basque natal. Il décède à Paris en 1960. Récompensé à deux reprises par l'Académie française - avec le prix Broquette-Gonin en 1948 et le prix Gustave Le Métais-Larivière en 1950 - il laisse l'image d'un infatigable animateur de la vie intellectuelle de son époque.

Pierre et Marie Elhorga

Une avenue à Anglet perpétue la mémoire des deux résistants. Pendant la Seconde Guerre mondiale, le couple angloy formé par Pierre, douanier, et Marie, directrice de l'école publique de Sutar, joue un rôle clandestin crucial au sein du réseau de résistance Comète. Entre 1941 et 1944, ce groupe permet aux aviateurs alliés abattus en territoire ennemi de regagner le Royaume-Uni. Alors que le passage traditionnel via la Bidassoa devenait trop dangereux, Anglet est devenue dès 1943 une ville étape majeure de cette ligne de fuite vers l'Espagne neutre. Plus de 150 combattants alliés y ont transité. Pierre, natif d’Espelette, mettait à profit sa connaissance des sentiers et son expérience de membre du réseau de renseignement de la France Libre Castille, tandis que Marie, chargée des tickets de rationnement sur Sutar, contribuait à nourrir les aviateurs cachés à proximité. L'association des Amis du réseau Comète a dévoilé en 2013 une plaque souvenir à l'école de Sutar en leur honneur, perpétuant la mémoire de cet engagement exemplaire et de l'histoire héroïque de la collectivité angloye.