Pays Basque / Béarn : La PROXIMITÉ redessine la carte touristique en 2025
Malgré un contexte économique contraint et des aléas climatiques, les Pyrénées-Atlantiques bouclent 2025 sur une hausse globale de fréquentation. Si le nombre de touristes recule, la progression marquée des excursionnistes et l’essor de la clientèle espagnole modifient les équilibres entre littoral, intérieur et montagne.
En 2025, les Pyrénées-Atlantiques ont accueilli 28,6 millions de visiteurs, soit une hausse de plus de 2 % par rapport à l’année précédente. Cette dynamique repose essentiellement sur l’augmentation de l’excursionnisme, qui atteint 21 millions de visiteurs (+ 4 %). À l’inverse, le nombre de touristes en séjour recule de 3 %, pour s’établir à 7,6 millions. Cette évolution traduit un changement profond des comportements : dans un contexte budgétaire tendu, les visiteurs privilégient les courts séjours, la proximité et les sorties à la journée. La réduction des durées de séjour, observée aussi bien en Béarn qu’au Pays Basque, s’impose comme l’un des marqueurs majeurs de l’année.
La fréquentation a également été impactée par les conditions météorologiques, avec des replis enregistrés en fin d’été et en fin d’année. Dans ce paysage contrasté, la clientèle espagnole confirme son rôle structurant, notamment hors saison, contribuant à lisser l’activité sur l’ensemble de l’année.
Au Pays Basque, recul du littoral et résistance de l’intérieur
Sur le littoral et le rétro-littoral du Pays Basque, la fréquentation touristique s’établit à 5,7 millions de visiteurs, en baisse de 4 %. À l’intérieur du territoire, la situation apparaît plus stable avec 6 millions de visiteurs, malgré des disparités locales.
Certaines zones enregistrent des reculs marqués, à l’image de Saint-Jean-Pied-de-Port. La Soule limite la baisse à 2 %, avec 950 000 visiteurs sur l’année, en dépit d’un fléchissement estival. À l’échelle du territoire, la légère diminution de la clientèle française est compensée par une forte progression des Espagnols : 115 000 visiteurs supplémentaires en 2025, soit + 8 %, un niveau record. Leur présence soutenue tout au long de l’année s’avère particulièrement bénéfique en basse saison. En décembre, leur afflux compense largement le recul des Français, permettant au Pays Basque d’atteindre 1,3 million de visiteurs sur le mois (+ 10 %).
En Béarn, stabilité fragile et séjours raccourcis
En Béarn, la fréquentation globale se maintient à 11 millions de visiteurs. Là encore, la progression de l’excursionnisme (8,9 millions, + 3 %) compense le recul des touristes en séjour (2,2 millions, - 4 %).
Plusieurs périodes ont toutefois été marquées par des baisses sensibles, notamment en août et septembre (- 3 %, soit 2,6 millions de visiteurs), en grande partie en raison d’une météo défavorable. La fin d’année affiche également un recul de 2 % (1,5 million de visiteurs), sans facteur explicatif clairement identifié. L’activité des stations n’a pas suffi à inverser la tendance, malgré une légère hausse de la fréquentation ski en décembre, avec 88 000 journées enregistrées à Gourette et La Pierre Saint- Martin (+ 4 %).
Les durées de séjour évoluent nettement : les séjours longs reculent de 7 %, tandis que les courts séjours progressent de 2 %. Les nuitées diminuent de 3 %, pour atteindre 7,1 millions, une baisse concentrée sur la clientèle française, notamment francilienne. À l’inverse, la Gironde et la Haute-Garonne résistent mieux. Le marché étranger se maintient grâce à la forte progression des Espagnols (+ 17 % de nuitées, soit 343 000), qui représentent désormais 43 % de la clientèle étrangère hôtelière. Dans les hébergements marchands, la maîtrise des dépenses se confirme : l’hôtellerie de plein air voit ses taux d’occupation progresser à 44 % (+ 2 points), portée par le succès des emplacements nus, tandis que l’hôtellerie traditionnelle gagne un point pour atteindre 50 % d’occupation, malgré un raccourcissement des séjours.
Vers un tourisme plus sobre et régulé
Pour 2026, la tendance devrait se poursuivre : l’envie de voyager reste forte, mais sous contrainte budgétaire. Les Français devraient continuer à privilégier des séjours courts, accessibles en moins de trois à quatre heures, et des hébergements économiques ou non marchands.
La campagne, le piémont et la montagne pourraient tirer leur épingle du jeu, portés par la recherche de fraîcheur, de nature et de déconnexion. Les attentes évoluent vers un tourisme plus lent, axé sur le bienêtre, les micro-séjours et les mobilités douces.
L’année s’annonce également stratégique sur le plan réglementaire, avec la fin des autorisations temporaires de trois ans accordées aux meublés de tourisme en 2023, un renforcement des actions en faveur du logement saisonnier et de nouvelles opportunités de financement en matière de tourisme durable et de diversification rurale. Autant d’enjeux structurants pour l’attractivité future des Pyrénées-Atlantiques.
