Lupi, Pista, Umamy et Nova Report, lauréats du concours Bask’Invest 2026
Expliquer son projet en trois minutes, tel est le défi relevé par les 8 candidats au concours de pitchs du Bask’Invest. Au sein des locaux de l’École d’ingénieurs ESTIA à Bidart, la journée dédiée à la rencontre entre entrepreneurs et investisseurs s’est achevée par le sacre de 4 projets dont la présentation a convaincu le jury et le public.
En ces temps d’incertitude économique et politique, l’obtention de financements représente plus que jamais un parcours du combattant pour les entrepreneurs. Alors quand se présente un événement comme le Bask’Invest, la date se marque d’une pierre blanche dans l’agenda des créateurs d’entreprise. Pour sa 12ème édition, l’événement se tient au sein du bâtiment ESTIA Berri, dans la zone Izarbel de Bidart. Organisé par ESTIA Entreprendre, le Cabinet EY, la CCI Bayonne Pays Basque et la Communauté d’Agglomération Pays Basque, ce temps fort a le mérite de réunir en un seul et même endroit, l’ensemble des acteurs indispensables à la propulsion de son activité. Mettre en relation les startupers et investisseurs, telle est la raison d’être du Bask’Invest. Le temps d’une après-midi, une bonne vingtaine de structures d’investissement reçoivent les porteurs de projets lors de sessions de speed-meeting. L’idée n’est pas de repartir avec un accord de principe, mais plutôt de faire connaissance. Un premier contact afin de savoir si le projet entre dans le champ d’application du fonds d’investissement.
IRDI, Aquiti, BPIFrance, Skalepark… sont quelquesuns des acteurs ayant répondu à l’appel. Car si la période n’est plus à l’euphorie des années 2010, les financeurs continuent d’investir, même s’ils ont un peu revu leur grille de lecture. « Nous sommes moins focalisés sur les courbes de croissance, et plus regardants sur la rentabilité », assure la représentante d’un fonds d’investissement privé d’envergure régionale.
L’innovation dans tous les domaines
Avant ces rencontres tous azimuts, l’après-midi démarre avec un concours de pitchs. Elles sont huit sociétés à y participer et chacune dispose de 3 minutes pour expliquer son idée, son potentiel et ses besoins. Au micro, on retrouve notamment Artem Miniailo pour présenter Siluana, une plateforme destinée aux conseillers en image afin de les aider à composer des looks réalistes sur des centaines de morphotypes. Dans un tout autre registre, on plonge dans l’univers de la distribution avec Comexsoft, une startup d’outre- Pyrénées. Cet outil consiste à analyser pour ses clients professionnels des produits sous toutes les coutures : prix, caractéristiques, valeurs nutritionnelles… Un outil de gestion et d’optimisation qui a déjà fait ses preuves chez un géant du secteur. « Eroski teste notre solution sur certaines catégories, ils ont multiplié par 9 leur vente sur les produits analysés par Comexsoft », se réjouit Rebecca Pizarroso.
Remi Henriot, quant à lui, s’intéresse au commerce numérique en direction des consommateurs. Avec son associé, il a créé Scenaro, un outil conversationnel pour aider l’internaute dans son acte d’achat. Côté vendeur, elle permet de diminuer la déperdition de clients puisque « 60 % des paniers sont abandonnés », souligne le cofondateur. Le dernier des projets non primés est également celui mené par le benjamin de la bande. Il semble avoir moins d’assurance que les autres, mais le sujet auquel il s’attaque est d’envergure. Étudiant entrepreneur à l’ESTIA, Maxime Nunes Pereira propose avec Masq Aero, une solution pour appliquer les traitements anticorrosion de façon efficace et plus rapide dans le milieu de l’aéronautique.
Les quatre lauréats
Dans le domaine médical, Pierre Clavel a imaginé avec son confrère Sidney Krystal Nova Report, un « logiciel qui révolutionne l’imagerie médicale ». Tous deux sont radiologues et connaissent donc bien les problématiques de la profession. Ils ont en quelque sorte bâti l’outil dont ils rêvent pour exercer au mieux et gagner du temps. Leur présentation fait mouche puisque le duo reçoit le prix CAPB doté de 1.200 euros.
Même le sport à mode est représenté dans cette session. Phénomène autant sportif que sociétal, le padel explose partout dans l’hexagone et en Europe. Avec une croissance aussi rapide, la discipline n’est pas encore bien structurée et c’est pour cette raison que Sébastien Rouby et ses associés ont mis en place l’application Pista. Avec déjà 10 000 utilisateurs, « nous sommes le Strava du padel », énonce fièrement le représentant de la société. Avec un modèle économique basé sur l’abonnement des joueurs, celui des clubs, ainsi que sur la publicité de marques, le mécanisme semble prometteur. C’est aussi le projet qui demande la plus grosse levée de fonds. « Nous avons besoin de 835.000 euros pour déployer notre recette sur le national ». L’essor de la discipline ainsi que la qualité du discours ont séduit à tel point que Pista repart avec le prix EDF, doté de 1.500 euros.
Autre candidat, autre registre. Stéphane Millet, fondateur d’Umamy, propose une solution d’intelligence artificielle appliquée aux Ressources humaines. « Il s’agit d’accompagner les recruteurs dans le tri et la qualification des CV », explique le pitcheur. Un projet qui ne laisse pas indifférent. Il est récompensé du prix Airbus, doté de 2.000 euros. « Nous recevons un million de candidatures par an alors cette solution nous parle forcément », explique la représentante du groupe aéronautique.
Aviation, grande distribution, sport, médical… le panel des innovations est large. Il s’étend également à la santé animale avec les gagnantes du dernier prix de la journée. Leila Pauron et Anaïs Yahyaoui en sont convaincues, « en matière de santé canine, on soigne de façon réactive, souvent trop tard alors que la solution se trouve dans l’ADN, dans la génétique de l’animal ». Avec Lupi, les deux associées ont créé le premier carnet de santé intelligent pour les animaux. Une solution qui permet de suivre et d’anticiper les problèmes de nos compagnons à quatre pattes. Avec un marché colossal de 7,5 millions de chiens en France et plus de 6 milliards d’euros de chiffre d’affaires, le potentiel de progression semble énorme. Pour accélérer sa croissance commerciale, le duo demande 100.000 euros afin que « l’avenir de la santé animale se construise ici au Pays Basque ». L’obtention du prix OVH Cloud, doté de 15.000 euros de crédit chez l’hébergeur français, ne peut que les aider dans ce sens.
