La PEINTURES en LETTRES ou l'amour du geste
Juché sur son escabeau, pinceau à la main, une drôle de canne dans l’autre, l’artisan concentré habille d’un mouvement gracieux et délicat la vitrine d’une boulangerie de belles lettres bleues. Ce magicien au savoir-faire discret, acteur de la physionomie urbaine, fait son retour dans nos rues…
Les enseignes peintes à la main à vocation publicitaire font leur apparition aux alentours de 1830 avec l’essor du commerce. Jusque dans les années 1980, le métier de peintre en lettres se répand, avant de décliner progressivement devant l’arrivée du plastique et le développement informatique. L’impression numérique et les systèmes de découpes associés sont une révolution : adhésifs vinyles, plexiglas et néons standardisent les devantures de boutiques et panneaux de réclame, pour un coût moindre et un rendu sans défaut. Le CAP de Peintre en Lettres est alors supprimé, la profession officiellement retirée de la liste des métiers d’arts, et tout près de s’éteindre. Pourtant, depuis une petite dizaine d’années, cet artisanat revient sur le devant de la scène, favorisé par une renaissance des commerces de proximité et le goût du vintage. Il est porté par une nouvelle vague de jeunes artisans désireux de redonner du sens aux métiers anciens et du caractère à nos rues et nos espaces de vie.
Le profil du peintre en lettres d’aujourd’hui
Aujourd’hui, la France compte une centaine de peintres en lettres, dont une majorité en Îlede- France et un petit vivier en Bretagne. Si les plus jeunes sont fraîchement diplômés d’écoles d’art, la plupart sont en reconversion, souvent graphistes de métier, et âgés de moins de 45 ans. Ils ont appris l’art de la lettre peinte en autodidacte ou lors d’ateliers proposés en Europe par des célébrités du milieu qui désirent partager leur expérience. Quelques établissements proposent également un module spécial dans le cadre d’une formation de peinture en décor ou en signalétique, mais l’apprentissage reste insuffisant. Ce sont les heures d’entraînement qui façonnent l’artisan d’art.
Ces artistes des mots et des formes doivent être à l’écoute du client. En s’imprégnant de son univers, et du caractère du bâtiment, le peintre en lettres valorise l’identité du lieu ou de la marque, et apporte ainsi une valeur ajoutée. La minutie et la concentration sont de mise, dans la rue ou à l’intérieur du commerce, car les clients et passants ne se privent pas de scruter l’artisan à l’œuvre, voire de l’alpaguer d’une boutade.
Une collaboration entre l’artisan et le commerçant
Bien que les collectivités fassent progressivement appel aux peintres en lettres pour des bâtiments et...
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