Halles de BAYONNE : Moderniser sans toucher l'Âme
Renouveler sans renier l’identité. Voici l’objet du chantier de 2,7 millions d’euros visant à moderniser en profondeur les Halles de Bayonne. Une mise à jour nécessaire pour un bâtiment construit en 1994.
Venu pour annoncer le futur chantier des Halles, Jean-René Etchegaray se veut d’emblée rassurant. « On ne touche pas à ces halles, on ne changera rien à l’extérieur », prévient le Maire de Bayonne. Les opérations à venir visent plutôt à faire entrer le bâtiment dans une nouvelle ère. « L’obsolescence a fini par gagner l’intérieur », constate-t-il. Pour lui donner un coup de jeune, un lifting à 2,7 millions d’euros permettra à ce cœur battant du centre-ville de répondre au mieux aux attentes des usagers et des commerçants.
« C’est un lieu de vie, un lieu urbain et un outil de travail », résume Christophe Bourriette, architecte bordelais désigné pour cette mission. Au palmarès de son Cabinet figure déjà les Halles d’Arcachon, d’Andernos, de Bergerac ou de Coutras. Son premier défi sera de faire cohabiter les usages. « L’objectif premier est le confort des clients, car aujourd’hui nous sommes loin des standards de 2026 », estime Sylvie Durruty. Pour mettre cet équipement à la page, un chantier express de dix mois est programmé à cheval sur 2026 et 2027. « Les travaux vont démarrer en septembre 2026 pour s’achever en juin 2027, l’ouverture est prévue en juillet 2027 avant les Fêtes de Bayonne », précise la première Adjointe au Maire.
Faire cohabiter les usages
Un calendrier contraint par les événements de l’été, mais qui ne remet aucune manifestation en cause. « Toutes les festivités seront maintenues », ajoute l’élue. Y compris la Foire au Jambon 2027 qui verra le chapiteau des salaisonniers côtoyer les halles provisoires sur l’Esplanade Roland Barthes. Car c’est sur la place verte que les halles seront déplacées, sous chapiteau, durant la durée des travaux.
À l’issue des opérations, le but est double. Tout d’abord, il y a la remise aux normes au niveau sanitaire et sécuritaire ainsi que pour l’extraction des fumées liées aux points de cuisson. Ensuite, il y a la problématique du conflit d’usage entre ceux qui viennent faire leur marché et ceux qui s’installent au comptoir pour consommer directement sur place. Les seconds bouchent parfois le passage et créent ainsi des problèmes de flux. « Cette fonction de dégustation participe au vivre ensemble », pense cependant le Maire. « Il ne faut toutefois pas que cela vienne nuire à la fonction première d’une halle : la vente ».
« Un grand nettoyage »
Pour que ces deux clientèles cohabitent, des espaces de dégustation mutualisés vont être mis en place à l’extérieur et à l’étage. Ainsi, le rez-de-chaussée reste réservé à la vente sur étal. Les 18 commerçants ainsi que les deux stands éphémères bénéficieront de socles communs afin « d’avoir une unité et non pas une succession d’échoppes », explique Christophe Bourriette. Les six entrées actuelles sont conservées et la largeur des allées reste identique. D’un point de vue esthétique, la différence majeure concerne la couleur choisie pour repeindre la structure. « Un vert réséda, la couleur traditionnelle de l’architecture métal Baltard, le même qu’au Grand Palais de Paris ».
Pour le reste il s’agit surtout « d’un grand nettoyage et d’une mise aux normes », selon l’architecte. Une mise à jour nécessaire effectuée en étroite collaboration avec les principaux intéressés. « Nous avons rencontré les commerçants à plusieurs reprises et avons intégré leurs observations ». Attentes des professionnels, confort des clients et envie des consommateurs bons vivants, il faut composer avec des impératifs différents, mais pourtant complémentaires.
