BAYONNE, l’autre capitale de la BRIQUE
Bayonne se découvre d’abord par ses façades hautes et étroites, par la chaleur de ses teintes et le jeu de ses matières. Ici, la pierre côtoie le bois, et, plus discrètement, presque intimement, la brique s’invite dans le paysage urbain. Rouge, ocre ou brune selon les quartiers et les effets du temps, elle souligne les fenêtres, dessine les angles, rythme les élévations. Longtemps considérée comme un simple appoint, la brique s’est pourtant imposée comme un marqueur identitaire de la cité.
Dans le cœur ancien de Bayonne, rien n’est uniforme. Au fil des déambulations, il suffit d’être attentif aux pans de bois, à la pierre de Bidache, aux galets de l’Adour et aux briques qui ne cessent de se répondre dans un équilibre subtil. Le Plan de Sauvegarde et de Mise en Valeur (PSMV) du centre historique, piloté par le Service Territorial de l’Architecture et du Patrimoine (STAP) et validé par le ministère de la Culture, décrit cette diversité comme « le reflet d’une économie de proximité et d’une longue tradition d’adaptation » (PSMV, Ville de Bayonne, 2019).
Les reconstructions successives, du 16e au 19e siècle, ont contribué à mêler ces matériaux selon les besoins et les modes du temps. Dans le quartier Saint-Esprit, par exemple, la brique s’impose progressivement, portée par les échanges fluviaux et la disponibilité de l’argile locale.
Pourquoi la brique ?
À Bayonne, le recours à la brique s’explique par les ressources disponibles. Le sous-sol argileux de la Vallée de l’Adour offre une matière première abondante, facile à extraire et à cuire dans des fours de tuiliers déjà établis. Les Archives municipales de Bayonne signalent en effet plusieurs tuileries actives dans les faubourgs de Saint-Esprit dès 1760, alimentant un commerce soutenu avec les villes voisines.
Moins coûteuse que la pierre de taille, plus légère à transporter, la brique permet des constructions rapides, résistantes à l’humidité et aux incendies. Au 19e siècle, ce choix est renforcé par une très forte augmentation du prix du bois sur l’ensemble du territoire français.
Selon les travaux du conservateur et professeur d’université Philippe Araguas (L’Architecture du Sud-Ouest, CNRS Éditions, 2012), « la brique, dans les zones atlantiques, n’est jamais un choix exclusif, mais un compromis entre nécessité, disponibilité et goût ».
Trois influences majeures
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